La marge d'exposition (ME) est un outil utilisé par les évaluateurs du risque pour étudier les problèmes de sécurité possibles découlant de la présence dans l'alimentation humaine et animale de substances qui sont à la fois génotoxiques (susceptibles d’endommager l'ADN) et cancérigènes.
La ME est un rapport entre deux facteurs qui permet d’évaluer, pour une population donnée, la dose à laquelle est observé un effet indésirable faible mais mesurable associé à la substance, et le niveau d’exposition effectif à cette substance.
FAQ
1. Comment est utilisée l'approche de la marge d’exposition à l’EFSA ?
2. L'EFSA utilise-t-elle la ME pour évaluer les pesticides, les additifs alimentaires ou d'autres produits réglementés ?
3. L'EFSA a-t-elle développé l'approche ME avec un groupe soutenu par le secteur de l’industrie ?
4. D’autres organismes ont-ils envisagé des approches similaires ?
Il y a plus de 10 ans, avant la création de l’EFSA, plusieurs groupes internationaux et organismes consultatifs avaient déjà examiné diverses approches susceptibles d’être utilisées pour évaluer les risques potentiels associés à la présence de substances à la fois génotoxiques et cancérigènes dans l’alimentation animale; parmi celles-ci figurait notamment l’approche de la marge d’exposition. Parmi ces groupes figurait le comité scientifique de l’alimentation humaine (CSAH) de la Commission européenne, le précurseur de l’EFSA.
Avant de transférer ses tâches à l’EFSA en 2002, le CSAH avait déjà commencé à travailler à l’élaboration de méthodologies destinées à améliorer les conseils dispensés aux gestionnaires du risque concernant l’exposition à des substances à la fois génotoxiques et cancérigènes. Les scientifiques conseillent en général aux gestionnaires du risque de réduire l’exposition à ces substances à un niveau aussi bas que raisonnablement possible (connu comme le principe ALARA – As Low As Reasonably Achievable).
5. Quand l'EFSA a-t-elle préconisé cette approche ?
En 2004, l’EFSA a demandé à son comité scientifique de proposer une approche harmonisée de l’évaluation des risques associés aux substances possédant des propriétés à la fois génotoxiques et cancérigènes. C’est en octobre 2005 que le Comité scientifique a recommandé d'utiliser la méthode de la ME.
En novembre 2005, l’EFSA et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont organisé une conférence pour étudier les approches possibles d’évaluation des risques associés à ces substances, la manière dont elles pouvaient être interprétées, et si elles répondaient bien aux besoins des gestionnaires du risque. La conférence a attiré de nombreux scientifiques de toute l’Europe, y compris en provenance de l’organisme ILSI Europe, qui y a délégué des experts scientifiques. L’EFSA, le comité mixte FAO/OMS d’experts en additifs alimentaires (JECFA) et ILSI Europe ont chacun présenté des documents de travail décrivant les approches qui permettent d’évaluer les risques potentiels associés à la présence dans l’alimentation de substances à la fois génotoxiques et cancérigènes. Ces documents portaient sur des données scientifiques similaires et ont abouti aux mêmes conclusions globales, à savoir que l’approche de la ME constituait une solution utile et pragmatique pour l’évaluation des risques associés à des substances à la fois génotoxiques et cancérigènes et qu’elle offrait la possibilité d’améliorer les conseils dispensés aux gestionnaires du risque.