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Métaux en tant que contaminants dans les aliments

Certains métaux tels que l’arsenic, le cadmium, le plomb et le mercure sont des composés chimiques existant à l’état naturel. Ils peuvent être présents à différents niveaux dans l’environnement, notamment dans le sol, dans l’eau et dans l’atmosphère. Certains métaux peuvent également se présenter sous forme de résidus dans les denrées alimentaires en raison de leur présence dans l’environnement, laquelle peut être occasionnée par des activités humaines telles que l’agriculture, l’industrie ou les gaz d’échappement des véhicules, ou par suite d’une contamination lors du traitement ou du stockage des denrées alimentaires. Les humains peuvent être exposés à ces métaux via l’environnement ou par la consommation d’aliments ou d’eau contaminés. L’accumulation de ces métaux dans l’organisme peut avoir des effets nocifs au fil du temps.

Activités récentes

EFSA a mis à jour son avis scientifique sur les risques sanitaires liés à la présence de nickel dans l’alimentation et l’eau de boisson. 

 

Rôle de l'EFSA

La Commission européenne et certains États membres ont demandé à l’EFSA de fournir des évaluations du risque pour plusieurs métaux contaminants, notamment l’arsenic, le cadmium, le chrome, le plomb, le mercure, le nickel et l'uranium. Ces travaux sont réalisés par le groupe scientifique sur les contaminants de la chaîne alimentaire (groupe scientifique CONTAM). L'EFSA travaille également en étroite collaboration avec les États membres et d'autres fournisseurs de données pour recueillir des données sur la présence de métaux dans l'alimentation humaine et animale.

Jalons clés

Octobre 2020 L'EFSA met à jour son avis scientifique sur les risques pour la santé humaine associés au nickel dans les aliments et l'eau potable. Les experts ont augmenté le niveau sans danger, connu sous le nom de dose journalière tolérable (DJT), de 2,8 microgrammes par kilogramme de poids corporel à 13 microgrammes par kilogramme de poids corporel. Cette nouvelle valeur résulte de l'application des orientations actualisées sur la dose de référence qui ont permis d’obtenir un ensemble de données plus complet. Les experts ont conclu que l'exposition alimentaire chronique actuelle au nickel pouvait être préoccupante chez les personnes jeunes (nourrissons, jeunes enfants, enfants plus âgés).

Janvier 2015 – L'EFSA publie une déclaration sur les risques et les bénéfices des produits de la mer, en particulier en ce qui concerne la présence de méthylmercure dans les aliments. Limiter la consommation d’espèces de poissons présentant une teneur élevée en méthylmercure est la façon la plus efficace de profiter des bienfaits du poisson, tout en minimisant les risques associés à une exposition excessive au méthylmercure.

Mars 2014 – l'EFSA met à jour son analyse relative à la présence d’arsenic dans les aliments en Europe. Les experts de l'Autorité affinent leurs estimations de l’exposition alimentaire chronique (de longue durée) à l'arsenic inorganique et ces estimations se révèlent plus faibles que celles précédemment indiquées par l'EFSA.

Mars 2014 l’EFSA publie un avis scientifique sur les risques pour la santé humaine liés au chrome dans les aliments, en particulier dans les légumes et dans l'eau en bouteille. Les experts de l'EFSA établissent une dose journalière tolérable (DJT) de 0,3 milligramme par kilogramme de poids corporel par jour pour le chrome III – c’est la principale forme de chrome présente dans les aliments ; elle existe naturellement et constitue un nutriment essentiel de notre alimentation. L'exposition alimentaire observée dans tous les groupes d'âge se situe bien en deçà de la DJT et ne pose donc pas de problème en termes de santé publique.

Les études animales indiquent que des niveaux élevés de chrome VI peuvent causer le cancer ; par conséquent, le groupe scientifique n'a pas établi de niveau de sécurité (DJT) pour le chrome VI. Une autre forme de chrome, le chrome VI, est le plus souvent produit par des procédés industriels et est parfois présent dans l'eau potable.

Les experts de l'EFSA concluent toutefois que l’absorption moyenne de chrome IV via l’eau potable est préoccupante pour les nourrissons mais peu préoccupante pour tous les autres groupes d'âge. Les expositions au-dessus de la moyenne pour certains groupes d'âge, en particulier les nourrissons, les jeunes enfants et les enfants plus âgés, pourraient être préoccupantes mais ces estimations sont limitées par la disponibilité des données.

2011 – À la suite d'une évaluation du cadmium par le Comité mixte FAO/OMS d'experts en additifs alimentaires (JECFA), l'EFSA réévalue la dose hebdomadaire tolérable (DHT) de 2,5 µg/kg pc établie en 2009 et conclut que cette dose est toujours appropriée.

L’exposition moyenne actuelle au cadmium via l’alimentation chez les adultes est proche de la DHT et l’exposition de certains sous-groupes, tels que les enfants, les végétariens et certaines personnes vivant dans des régions fortement contaminées, pourrait dépasser la DHT. Le risque d’effets indésirables aux taux actuels d’exposition est cependant faible car la DHT n’a pas été calculée sur la base de lésions rénales avérées mais bien sur la base d’un indicateur précoce de variations de la fonction rénale suggérant d’éventuelles lésions pouvant affecter cet organe à un stade ultérieur de la vie. Les experts confirment à nouveau que, bien qu’il soit peu probable que des effets indésirables surviennent chez un individu à la suite d’une exposition alimentaire, il est nécessaire de réduire l’exposition de la population au cadmium.

Avril 2010 – L’EFSA publie un avis scientifique sur les risques possibles pour la santé liés à la présence de plomb dans les aliments. Les experts estiment que les céréales, les légumes et l'eau du robinet sont les sources qui contribuent le plus à l'exposition alimentaire au plomb pour la plupart des Européens. Les experts concluent que les niveaux actuels d’exposition au plomb présentent un risque faible à négligeable pour la plupart des adultes mais qu’il existe des inquiétudes potentielles en ce qui concerne les effets possibles sur le développement neurologique chez les fœtus, les nourrissons et les enfants.

Octobre 2009 – L’EFSA adopte un avis scientifique sur la présence d’arsenic dans les aliments. Cet avis porte principalement sur l’arsenic inorganique, la forme la plus toxique de l'arsenic. Les experts scientifiques recommandent que l'exposition à l'arsenic inorganique soit réduite.

Mars 2009 – L’EFSA réalise une évaluation des risques relative à l’exposition alimentaire à l’uranium dans les aliments exposition à l'uranium dans les denrées alimentaires, en particulier dans l'eau minérale, et formule des conseils sur la DJT pour l'uranium. L’avis porte principalement sur la toxicité chimique de l’uranium.

Le groupe scientifique conclut que l’exposition alimentaire moyenne à l’uranium pour l’ensemble de la population et les grands consommateurs à travers l’Europe se situe actuellement en deçà de la DJT. Dans certaines régions où les concentrations en uranium dans l’eau potable sont élevées, les expositions estimées avoisinent, mais restent inférieures, à la DJT. Pour les nouveau-nés nourris au moyen de préparations pour nourrissons avec de l’eau contenant de l’uranium, le niveau d’exposition en relation avec le poids corporel peut s’avérer jusqu’à trois fois supérieur à celui de l’adulte.

Cadre réglementaire de l’UE

Les principes de la législation de l’UE relative aux contaminants dans les aliments sont exposés dans le règlement CE 315/93 :

  • Les denrées alimentaires contenant une quantité inacceptable d'un contaminant d’un point de vue sanitaire et en particulier au niveau toxicologique, ne peuvent pas être mises sur le marché.
  • Les concentrations en contaminants doivent être maintenues aux niveaux les plus faibles que le permet raisonnablement l’adoption de bonnes pratiques de travail.
  • Des teneurs maximales doivent être fixées pour certains contaminants afin de protéger la santé publique.

Le règlement CE 1881/2006 fixe quant à lui des teneurs maximales pour certains contaminants dans les aliments, notamment pour le plomb, le cadmium, le mercure et l’étain inorganique. Ce règlement ne concerne pas les substances radioactives. Le règlement CE 333/2007 porte sur les modes de prélèvement d'échantillons et les méthodes d'analyse dans le cadre du contrôle officiel des niveaux maximum pour ces métaux. La surveillance des résidus d’éléments chimiques dans les denrées alimentaires d’origine animale est exposée dans la directive 96/23/CE.

Voir aussi

Législation de l'UE sur les contaminants – Commission européenne

 

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