L'EFSA définit les risques de la grippe aviaire pour la volaille et fait des recommandations pour empêcher son introduction et sa propagation parmi les élevages de volaille en Europe

Le groupe scientifique de l'EFSA (Autorité Européenne de Sécurité des Aliments) sur la santé animale et le bien-être des animaux (AHAW) a publié aujourd'hui un avis scientifique sur les risques d’introduction et de propagation de la grippe aviaire parmi la population aviaire en Europe. Le rapport présente, aux gestionnaires de risques, des recommandations sur différentes options visant à réduire le risque et à contenir la maladie en cas de contamination des élevages de volaille. Le groupe AHAW a donc traité les aspects du bien-être animal dans la grippe aviaire. L'avis et le rapport de l'EFSA seront présentés pour étayer les débats sur la grippe aviaire, lors de la réunion des médecins hygiénistes en chef et des vétérinaires en chef de l'Union Européenne qui doit se tenir à Bruxelles le 22 septembre.

En considérant la possible émergence de la grippe aviaire dans les élevages de volaille en Europe, l'avis du groupe scientifique définit les facteurs de risques suivants comme les plus importants :

  • Eventualité de mutation des virus faiblement pathogènes de la grippe aviaire (LPAI) en virus de la grippe aviaire hautement pathogènes (HPAI);
  • contact de la volaille avec des oiseaux sauvages (essentiellement des oiseaux aquatiques migrateurs);
  • importations légales et illégales de volaille vivante et d'oiseaux en captivité;
  • entrée de produits avicoles infectés dans la chaîne alimentaire animale;
  • contact avec d'autres produits avicoles (matières fécales, litière, plumes et duvets).

Afin de traiter ces facteurs de risque, le groupe AHAW présente une série de recommandations qui sont exposées ci-dessous.

Le risque le plus important est l’éventualité de mutation du virus faiblement pathogène de la grippe aviaire (LPAI) en virus hautement pathogène (HPAI) (tel que le H5N1 présent actuellement en Asie du Sud-Ouest) et sa propagation ultérieure par le biais de la population aviaire européenne. Le LPAI a muté en HPAI à plusieurs reprises en Europe et dans le monde. Alors que la législation de l’Union Européenne veille à la déclaration et au contrôle du virus HPAI, ce n'est actuellement pas le cas pour le LPAI. Le groupe scientifique AHAW de l'EFSA recommande que les souches LPAI (sous-types H5 et H7), qui se sont révélées avoir muté en HPAI, soient maintenant intégrées dans la législation européenne, afin que soient prises des mesures de contrôle appropriées .

Etant donné que le contact de la volaille avec les oiseaux sauvages migrateurs (et leurs excréments) ne peut pas être entièrement évité, il existera toujours un certain niveau de risque d'introduction des virus de la grippe aviaire, puisque les oiseaux sauvages (essentiellement les oiseaux aquatiques migrateurs) peuvent être infectés par le LPAI et très rarement par le HPAI. Les zones aviaires fortement peuplées et la volaille élevée à l'extérieur (fermes d'élevage plein air, cheptels d'arrière-cour, etc.) situées sous les voies de migration sont les plus exposées. Le groupe fait les recommandations suivantes :

  • renforcement des mesures biosécuritaires * afin de garantir la séparation entre oiseaux sauvages et volaille domestique;
  • élargissement de la prise de conscience chez les fermiers de toutes les possibilités d'outils et de mesures contribuant à réduire le risque;
  • encourager le contrôle des installations d'élevage en plein air et élargir la coopération structurée entre les ornithologues et les épidémiologistes de la grippe aviaire (contrôle, cartographie des itinéraires de vols des oiseaux migrateurs et épidémiologie de la grippe aviaire).

Alors que les importations de volaille vivante et d'oiseaux en captivité peuvent représenter un risque, les exigences légales concernant la grippe aviaire au sein de l'Union Européenne devraient réduire la probabilité d'introduction du virus HPAI, en particulier si le LPAI est également clairement identifié dans la législation, comme le recommande le groupe AHAW.

Le risque possible d'introduction et de propagation de la maladie par l'entrée de produits avicoles infectés (comme la viande de volaille, les œufs et les produits transformés) dans la chaîne alimentaire animale doit être limité. Ceci grâce à une série de facteurs, dont notamment les mesures de contrôle de pré-exportation, les contrôles à l'importation, les méthodes de traitement, l'interdiction d'utiliser des déchets alimentaires dans l'alimentation animale, effets de dilution et autres facteurs environnementaux). En ce qui concerne le virus LPAI, le risque qu'il soit présent dans la nourriture est considéré comme négligeable. Le groupe AHAW recommande que les contrôles à l'importation concernant les oiseaux vivants et toute autre volaille soient resserrés afin de réduire les importations illégales de ces marchandises.

Les matières fécales de la volaille et la litière sont désignées comme étant des causes importantes de propagation des formes LPAI et HPAI du virus. Le groupe scientifique recommande que le commerce des matières fécales aviaires et de la litière comme fumier soit limité au fumier qui est traité correctement afind’ éliminer la présence possible du virus de la grippe aviaire. Les plumes et les duvets de volaille susceptibles d’être contaminés par les matières fécales doivent également être traités de manière appropriée pour éradiquer le virus avant d'être autorisés à entrer dans l'Union Européenne ou d'y circuler.

Non seulement le groupe AHAW évalue les risques mentionnés ci-dessus et fait des recommandations sur la façon de les traiter, mais il recommande également des mesures générales pour aider à faire face à cette maladie. En cas d'épizootie, le groupe recommande d'élargir les mesures de biosécurité et de bio-confinement. Le groupe scientifique recommande également la vaccination des troupeaux de volaille (comme alternative à la réduction préemptive de la population) comme moyen possible d'éradication de la maladie. Cependant, cela ne devrait être exécuté qu'en association avec les mesures biosécuritaires appropriées et d'autres mesures qui permettent la détection d'une infection réelle dans le troupeau, afin de ne pas être "masqué" ** par les effets du vaccin. On considère que les populations de faucons hobereaux et les oiseaux domestiques n'augmentent pas de manière considérable la propagation de la maladie et le groupe scientifique suggère d'éventuellement prendre en considération la surveillance accrue, les mesures biosécuritaires, la quarantaine et la vaccination pour ces oiseaux, en particulier en place et lieu de la solution de réduction de masse.

Les autres recommandations clé concernent :

  • le développement de systèmes de prévention précoces pour une détection précoce du LPAI;
  • l'identification des zones à haut risque d'exposition (c'est-à-dire proximité immédiate de populations aviaires en rapport avec des sites de perchage ou d'hibernation et des schémas de migration, en particulier pour les oiseaux d'eau);
  • l'instauration de distances de sécurité entre les fermes et de règles d'aménagement du territoire, afin de réduire le risque d'infection par la maladie, en particulier dans les zones aviaires fortement peuplées;
  • la conception de plans d'urgence pour la réduction aviaire de masse, en cas d'épidémie majeure;
  • l'utilisation des méthodes les plus humaines pour la réduction, si besoin en cas de crise (le groupe scientifique recommande de telles méthodes et énumère la liste de celles qui ne devraient pas être utilisées).
Notes to editors

Le HPAI inclut la souche H5N1 qui est actuellement répandu en Asie du Sud-Est. Les experts de santé publique pensent qu'il peut éventuellement fusionner avec la grippe chez l'homme, franchir la barrière des espèces, se propager aux humains et avoir un effet dévastateur sur la population humaine. Tandis que le virus HPAI entraîne normalement la maladie chez la volaille avec un taux de mortalité élevé, le LPAI est bien plus présent chez les oiseaux, mais la plupart du temps il n'engendre que de légers effets, voire inoffensifs sur les oiseaux.

Le groupe scientifique des risques biologiques (Biological Hazards) a étudié le risque de la nourriture pour la santé humaine et a indiqué qu'en suivant les directives de l'OMS sur l'hygiène alimentaire relative à la manipulation et la préparation alimentaire, toute menace pour la santé humaine pourrait être traitée efficacement;

* Les mesures biosécuritaires incluent, entre autres, la limitation des mouvements et des contacts entre les fermes (via le mouvement des animaux et des individus), les machines et l'équipement agricoles et l'évacuation sécurisée des matières fécales et des litières, le nettoyage et la désinfection.

** Concept DIVA (Différenciation des animaux infectés et des animaux vaccinés), soit par des tests sérologiques appropriés soit par des sentinelles non vaccinées laissées dans la grange, essentiellement pour identifier et traiter de façon appropriée le troupeau s'il vient à être infecté.

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