Valeurs nutritionnelles de référence

Introduction

Un régime alimentaire équilibré, c’est un régime qui fournit en quantités adéquates les divers nutriments nécessaires à la santé et au bien-être d’un individu. Les protéines, les glucides, les lipides, les vitamines, les minéraux et l'eau constituent tous des nutriments. Chaque nutriment assure une fonction particulière dans le corps humain. Les quantités de chaque nutriment nécessaires au maintien d'une bonne santé sont appelés les « besoins nutritionnels ». Les besoins nutritionnels varient en fonction de l'âge et du sexe. Par ailleurs, le niveau d'activité physique, l'état physiologique (comme la grossesse par exemple), les habitudes alimentaires ou encore les antécédents génétiques constituent également des facteurs importants à cet égard.

Les termes généraux « valeurs nutritionnelles de référence » (VNR) désignent un ensemble de valeurs alimentaires numériques qui couvrent : les besoins moyens (BM), la référence nutritionnelle pour la population (RNP), l’apport satisfaisant (AS) et l’intervalle de référence pour les macronutriments (IR). Ces valeurs guident les professionnels quant aux quantités de nutriments nécessaires pour maintenir l’équilibre alimentaire d’une personne ou d’un groupe de personnes par ailleurs en bonne santé. Les VNR couvrent également la limite supérieure de sécurité (LSS) qui correspond à la quantité maximale d'un nutriment susceptible d’être consommé en toute sécurité sur une longue période de temps.

Les VNR ne doivent pas être comprises comme des objectifs ou des recommandations nutritionnelles destinées directement aux consommateurs (voir les FAQ). Elles sont destinées aux décideurs politiques de l’UE et aux États membres qui les utilisent à leur tour pour formuler des recommandations spécifiques sur les apports en nutriments à l’attention des consommateurs. Les VNR servent également de base aux informations nutritionnelles qui figurent sur les étiquettes des aliments, ainsi qu’à la définition de lignes directrices en matière de nutrition. Ces lignes directrices peuvent à leur tour aider les consommateurs à faire des choix alimentaires sains.

Les VNR sont conçues pour des individus en bonne santé générale. Les personnes qui souffrent de maladies sont susceptibles d’avoir des besoins différents. Ce sont les professionnels de la santé qui fourniront les conseils adaptés aux individus ou aux groupes de personnes qui présentent des besoins spécifiques.

Activités récentes

La publication, en septembre 2019, des ultimes VNR pour le sodium et le chlorure a marqué la fin de dix années de travail pour les scientifiques de l'EFSA spécialisés en nutrition. Ces travaux avaient commencé en 2009, lorsque la Commission européenne avait demandé à l’EFSA de mettre à jour toutes les valeurs nutritionnelles ayant établies dans les années 90 pour les macronutriments, les vitamines et les minéraux.

De nombreux scientifiques de l’EFSA ont contribué à ces travaux au fil des années. Ils nous racontent leur histoire dans ces entretiens :

Jalons clés

2019 – La finalisation des VNR pour le sodium et le chlorure marque la fin d’un travail de dix ans pour les scientifiques de l’EFSA.

L’évaluation par l’EFSA des sucres alimentaires est prolongée en raison du volume important de données et d'études à collecter, analyser et évaluer.

2018 – Lancement de l’Explorateur de VNR, un outil interactif convivial qui permet aux professionnels de la santé d’opérer des calculs rapides et simplifiés sur la base des VNR de l'EFSA.

Une édition spéciale sur les VNR qui rassemble tous les avis scientifiques sur les VNR formulés à ce jour est publié dans l’EFSA Journal. Un rapport de synthèse propose également un aperçu de tous les travaux de l'EFSA dans ce domaine, en particulier de toutes les valeurs-repères proposées par groupes de population.

Lancement de la consultation publique relative au projet de plan d'évaluation des effets des sucres alimentaires sur la santé.

L'EFSA publie une mise à jour de son avis scientifique sur les limites supérieures de sécurité pour la vitamine D chez les nourrissons.

2017 – Cinq pays nordiques demandent à l'EFSA de formuler un avis scientifique sur l'apport quotidien en sucres alimentaires dans l'alimentation.

2013-2017 – Un ensemble de VNR pour les micronutriments (à l'exception des LLS) sont publiées, couvrant 14 vitamines et 13 minéraux.

2012 – Publication des LLS pour le calcium et la vitamine D, constituant une mise à jour des avis antérieurs du Comité scientifique de l'alimentation humaine (CSAH).

2009-2012 – Publication d'un ensemble d’avis scientifiques sur les VNR pour les macronutriments couvrant les apports en eau, en lipides, en glucides, en fibres alimentaires, en protéines et en énergie.

2010 – L’EFSA publie un avis scientifique fixant les principes généraux d’établissement des VNR et entame la révision des VNR pour les macronutriments et les micronutriments établis par le CSAH en 1993.

L'EFSA apporte son assistance aux autorités publiques des États membres grâce à son avis sur les lignes directrices nutritionnelles exprimées en termes d'aliments, qui conseille les décideurs politiques sur la manière de traduire des lignes directrices nutritionnelles théoriques en messages clairs destinés aux consommateurs.

2006 – L’EFSA et le CSAH publient un rapport qui compile tous les avis scientifiques identifiant les éventuels effets indésirables sur la santé des vitamines et des minéraux individuels lorsqu'ils sont consommés en excès des besoins alimentaires et qui établit, le cas échéant, des limites supérieures de sécurité (LSS) pour différents groupes de population. Le rapport couvre également des oligo-éléments tels que le bore, le nickel, l'étain ou le vanadium.

2005 – L’EFSA entame la révision et la mise à jour des valeurs de référence pour les apports en nutriments et en énergie établis par le CSAH en 1993.

Rôle de l’EFSA

En matière de nutrition, le rôle de l’EFSA est de fournir aux gestionnaires du risque et aux décideurs de l'UE des avis scientifiques en toute impartialité sur les apports nutritionnels. Les avis scientifiques de l’EFSA constituent un socle de preuves important qui étayent les politiques nutritionnelles, la définition d’objectifs de santé publique en matière de régime alimentaire ou encore le développement de programmes d’éducation et d’information du public sur des régimes alimentaires sains. Il est important de souligner que l'EFSA n'a pas pour mission de définir des objectifs nutritionnels pour les populations ou de formuler des recommandations destinées directement aux consommateurs. Nos avis scientifiques aident les décideurs politiques au niveau national et européen ainsi que les professionnels de la santé qui sont responsables de ce travail.

En 2005, la Commission européenne a invité l'EFSA à revoir et à mettre à jour les valeurs nutritionnelles de référence pour les apports en nutriments et en énergie établis en 1993 par le Comité scientifique de l'alimentation humaine (le précurseur de l’EFSA). Le groupe scientifique de l'EFSA sur les produits diététiques, la nutrition et les allergies (groupe NDA) a jeté les bases de ces travaux importants dans un premier avis publié en 2010, qui établissait les principes généraux de définition et d'application des VNR. Le groupe NDA a finalisé ses travaux en 2019, en adoptant un total de 34 avis scientifiques couvrant les VNR pour l'eau, les lipides, les glucides, les fibres alimentaires, les protéines, l'énergie ainsi que 14 vitamines et 15 minéraux.

Nos scientifiques apportent en outre leurs conseils en ce qui concerne l’établissement de limites supérieures de sécurité pour les vitamines et les minéraux (voir tableau). Ces valeurs représentent l'apport quotidien le plus élevé d'un nutriment qui peut être absorbé pendant toute la durée d'une vie et qui est peu susceptible d'avoir des effets nocifs sur la santé humaine. L'EFSA continue de recevoir des demandes ponctuelles de la Commission européenne ou des États membres pour revoir les LSS de certains nutriments, telles que la mise à jour des LSS pour la vitamine D chez les nourrissons ou l’évaluation actuelle des sucres alimentaires par exemple. Les LSS sont aussi utilisées comme référence dans les évaluations de l'EFSA sur la sécurité des sources de nutriments ajoutés aux compléments alimentaires.

FAQ

A quoi servent les valeurs nutritionnelles de référence (VNR) ?

Les VNR sont un concept clé dans le domaine de la nutrition. Elles fournissent le fondement scientifique sur lequel reposent les recommandations en matière d’alimentation. Elles sont utilisées par les professionnels de la nutrition et de la santé pour évaluer et planifier les régimes alimentaires, que ce soit au niveau de la population en général, ou au niveau d’un individu en particulier. Elles peuvent servir de base aux responsables de la gestion du risque et aux décideurs politiques pour déterminer les valeurs utilisées dans l'étiquetage alimentaire ou encore établir des lignes directrices dans le domaine de l’alimentation. Elles sont également utiles aux fabricants de produits alimentaires pour les aider lors de la formulation de leurs produits ainsi qu’aux scientifiques qui participent à la recherche en nutrition.

Quelle est la méthodologie utilisée pour établir les VNR ?

Le comité scientifique de l'alimentation humaine (CSAH) – le prédécesseur de l'EFSA – a publié des lignes directrices relatives à l’établissement des niveaux d'apport supérieurs pour les vitamines et les minéraux. Ces lignes directrices exposent les principes généraux qui ont servi de base pour évaluer les effets indésirables potentiels des micronutriments sur la santé humaine et pour établir des niveaux d'apport supérieurs (UL – Upper Level) calculés par le CSAH et par le groupe scientifique de l’EFSA sur les produits diététiques, la nutrition et les allergies (groupe NDA).

Pour les VNR autres que les UL, le cadre de travail utilisé par l'EFSA est exposé dans son avis scientifique sur les principes de calcul et d'application des valeurs nutritionnelles de référence. Cet avis explique la terminologie et les définitions utilisées par l’EFSA et décrit les méthodes et les données qu’elle exploite pour dériver les VNR. Il expose également les principes directeurs qui encadrent l’application des VNR.

Les critères sur lesquels reposent les VNR de l'EFSA sont décrits dans l'avis scientifique correspondant.

Pourquoi existe-t-il différents types de valeurs numériques pour exprimer les besoins nutritionnels ?

Les besoins en nutriments varient selon les individus. Le besoin moyen (BM) et l'apport de référence de la population (ARP) décrivent la distribution des besoins au sein d’une population donnée. Ces chiffres reflètent le niveau d’apport d'un nutriment qui répond respectivement aux besoins quotidiens de la moitié ou de la majorité (97,5%) des personnes dans une population donnée. En supposant que les besoins individuels pour un nutriment sont répartis normalement dans une population, l’ARP est calculé comme étant le BM plus deux fois son écart type. En pratique, l’écart type est rarement connu et un coefficient de variation par défaut est présupposé pour dériver les ARP. Si le BM d'un nutriment ne peut pas être déterminé, aucun ARP ne pourra être calculé.

Lorsque les preuves scientifiques sont insuffisantes pour déterminer le BM (et par conséquent l’ARP), deux autres valeurs – un apport adéquat (AA) et une fourchette de distribution acceptable des macronutriments (FDAM) – peuvent être proposées.

L'AA est le niveau d'apport supposé suffisant d'après les observations de groupes de personnes apparemment en bonne santé. Cette méthode de calcul implique plus d’interprétation que la méthode utilisée pour déterminer un BM ou un ARP. L'implication pratique d'un AA est similaire à celle d'un ARP ; il s’agit de décrire le niveau d'apport d'un nutriment considéré comme adéquat pour maintenir un bon état de santé. La distinction entre ces termes concerne principalement le fondement scientifique sur lequel ils reposent.

Des apports de référence sont généralement établis pour les lipides totaux et les glucides totaux en fonction de leur contribution relative à l'apport énergétique total. Ils indiquent la fourchette d’apport d’une source d’énergie en quantité suffisante pour maintenir un bon état de santé.

Le type de valeur utilisé et les critères appliqués sont donc déterminés au cas par cas pour chaque nutriment, en fonction des données disponibles.

Les VNR sont-elles applicables aux personnes qui souffrent d’une maladie ?

Les VNR sont destinées aux individus en bonne santé. Les personnes qui souffrent de maladies sont susceptibles d’avoir des besoins différents. Les professionnels de la santé doivent fournir des conseils adaptés aux personnes ou aux groupes de personnes qui présentent des besoins spécifiques.

Comment les populations cibles sont-elles définies ?

Les VNR sont développées pour différents groupes de population. Le choix des groupes est basé sur les différences de besoins liés à la vitesse de croissance, aux modifications de l’état endocrinien (par ex. la puberté) et aux différences observées dans l’absorption des nutriments ou dans les fonctions corporelles, telles que la fonction rénale par exemple. Les besoins spécifiques pendant la grossesse et l'allaitement sont également pris en compte. Ainsi, les VNR sont développées en fonction des différentes étapes de la vie et des groupes d'individus, ainsi qu’en fonction des différentes tranches d'âge. Pour chaque nutriment, les populations ciblées sont définies au cas par cas, en fonction des données disponibles.

Pourquoi les VNR ne sont-elles pas établies pour les nourrissons au cours de leur premier semestre de vie ?

En ce qui concerne les nourrissons âgés de moins de 6 mois, les besoins nutritionnels sont généralement considérés comme correspondant aux nutriments fournis par le lait maternel. Par conséquent, aucune VNR n'a été définie par l'EFSA pour ce groupe. Cependant, au cours du premier semestre, les nourrissons peuvent avoir des besoins nutritionnels spécifiques, qui sont pris en compte par les politiques nationales de santé publique.

Quelle est la différence entre les VNR et les recommandations et objectifs nutritionnels ?

Les VNR ne doivent pas être considérées comme des recommandations spécifiques destinées directement aux consommateurs. Ce sont plutôt des références scientifiques destinées aux professionnels, qui les utilisent pour fixer des objectifs nutritionnels pour les populations ou des recommandations spécifiques pour des individus. En effet, les recommandations et les objectifs nutritionnels doivent être adaptés au contexte national (par ex. en fonction des priorités de santé publique, de l’état nutritionnel, des habitudes alimentaires, de la composition des aliments disponibles) et ils peuvent donc varier d’un pays à l’autre. L'établissement de recommandations et d'objectifs nutritionnels spécifiques ne relève pas du mandat de l'EFSA.

Où puis-je trouver les avis scientifiques de l'EFSA sur les VNR ?

Les niveaux d’apport supérieur (UL) pour les vitamines et les minéraux publiés avant 2005 ont été compilés dans un rapport de synthèse unique publié dans l’EFSA Journal. Les avis scientifiques sur les UL publiés après cette date sont publiés dans l’EFSA Journal. Parmi ceux-ci figurent les avis scientifiques sur les UL pour le calcium, la vitamine D, l'acide eicosapentaénoïque (EPA), l'acide docosahexaénoïque (DHA) et l'acide docosapentaénoïque (DPA), publiés en 2012, ainsi que la mise à jour de l'avis scientifique sur les UL pour la vitamine D chez les nourrissons , publié en 2018. Un tableau récapitulatif de toutes les valeurs UL est également disponible pour une recherche rapide.

Les avis scientifiques complets sur les VNR pour l'énergie, l'eau, les macronutriments et les fibres alimentaires, ainsi que pour les micronutriments (à l'exception des UL) ont été rassemblés dans un numéro spécial de l'EFSA Journal.

Où puis-je trouver les données de l'EFSA sur la composition et la consommation des aliments ?

Les données utilisées par l'EFSA pour calculer les apports en nutriments des différents groupes d'âge dans les pays européens sont stockées dans la base de données sur la composition alimentaire ainsi que dans la base de données exhaustive sur la consommation alimentaire européenne.