FAQ sur l'aspartame

Qu’est-ce que l’aspartame ?

L’aspartame est un édulcorant puissant et faible en calories dont le pouvoir sucrant est environ 200 fois supérieur à celui du saccharose (sucre de table).

Dans quels produits l’aspartame est-il utilisé ?

L’aspartame est utilisé pour sucrer une série d’aliments comme les boissons, les desserts, les confiseries, les chewing-gums, les yaourts, les produits hypocaloriques et amaigrissants ainsi que comme édulcorant de table. Après avoir fait l’objet d’évaluations approfondies de sa sécurité, son utilisation dans les aliments et comme édulcorant de table est autorisée depuis plus de 20 ans dans de nombreux pays partout dans le monde. Les consommateurs peuvent identifier les produits alimentaires contenant de l’aspartame en consultant la liste des ingrédients sur l’étiquette des produits. Comme tous les additifs alimentaires, l’aspartame s’est vu attribuer un « numéro E » après son autorisation. Sa présence dans les aliments peut être indiquée soit par son nom (c’est-à-dire « aspartame ») soit par son numéro E 951.

Est-il sûr de consommer des produits contenant de l’aspartame?

L’EFSA considère que l’aspartame est sûr pour la consommation humaine et qu’il n’existe pas de preuves scientifiques qui justifieraient une révision des évaluations précédentes de la sécurité de l’aspartame. L’EFSA suit attentivement les études concernant la sécurité de l’aspartame et ses groupes scientifiques ont émis plusieurs avis sur cet édulcorant.

Pourquoi des questions ont-elles été soulevées sur l’aspartame par le passé ?

Avant son autorisation et depuis sa mise sur le marché, la sécurité de l’aspartame a suscité beaucoup d’intérêt et de controverses. Des questions ont d'abord été soulevées concernant les premières expérimentations sur les animaux de laboratoire utilisées pour évaluer la sécurité de l’aspartame. Des examens approfondis de l’aspartame ont été menés par de nombreux organismes réglementaires et consultatifs nationaux et internationaux. Toutes les études ont conclu que les preuves scientifiques étaient suffisantes pour confirmer que l’aspartame est sûr pour la consommation humaine.

Pourquoi de nouvelles questions ont-elles été soulevées au sujet de l’aspartame ?

En 2010, deux études sur les risques possibles pour la santé associés à la consommation d’édulcorants artificiels ont été publiées, à savoir une étude conduite par la Fondation européenne Ramazzini (Soffriti et al., 2010[1]) sur le potentiel carcinogène chez les souris exposées à l’aspartame par le biais de leur alimentation, et une étude épidémiologique examinant l’association entre la consommation de boissons non alcoolisées contenant des édulcorants artificiels et le risque accru d’accouchement prématuré (Halldorsson et al., 2010[2]). Dans une déclaration de février 2011, l’EFSA a conclu que les deux études ne justifient pas une révision des évaluations précédentes de l’aspartame ou d’autres édulcorants actuellement autorisés dans l’Union européenne. L’EFSA a réalisé l’examen de ces études en collaboration avec l’Agence nationale française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses[3]) qui réalise également des travaux dans ce domaine.

L’EFSA a-t-elle évalué la sécurité de l’aspartame ?

La première évaluation de la sécurité de l’aspartame réalisée en Europe a été publiée par le Comité scientifique de l’alimentation humaine (CSAH [4]) en 1984 et reconfirmée en 2002. Depuis, l’EFSA a régulièrement suivi les développements concernant la sécurité de l’aspartame et ses groupes sientifiques ont émis plusieurs avis scientifiques sur cet édulcorant.

 

En 2009, le groupe scientifique ANS de l’Autorité avait conclu que, sur la base de toutes les preuves disponibles à cette époque – y compris l’étude réalisée par la Fondation européenne Ramazzini (FER) publiée en 2007 – il n’existait pas d’élément indiquant un potentiel génotoxique ou cancérigène de l’aspartame et qu’il n’était par conséquent pas nécessaire de modifier la dose journalière acceptable précédemment établie à 40 mg par kg de poids corporel par jour. Un avis antérieur, élaboré à la suite de la première étude sur l’aspartame réalisée par la FER, avait été adopté par l’ancien groupe AFC en 2006 et il reconfirmait la sécurité de cet édulcorant.

 

Que devient l’aspartame une fois ingéré dans l’organisme ?

Après avoir été ingéré, l’aspartame est métabolisé dans l’intestin en trois composés qui le constituent : acide aspartique, phénylalanine et méthanol. Toutes ces substances sont normalement présentes dans l’organisme. L’aspartame en soi n’entre pas dans la circulation sanguine et ne s’accumule pas dans l’organisme.

Les trois produits de dégradation de l’aspartame sont également présents naturellement dans d’autres aliments et sont métabolisés par l’organisme de la même manière que ceux qui proviennent d’aliments courants. Par rapport aux aliments courants, les quantités de ces composés que nous ingérons via l’aspartame sont faibles. Par exemple, une portion de lait écrémé apporte environ 6 fois plus de phénylalanine et 13 fois plus d’acide aspartique qu’une quantité équivalente d’une boisson diététique édulcorée à base d’aspartame.

Des recherches approfondies sur l’aspartame et ses produits de dégradation ont été menées au cours d’études expérimentales animales et humaines, au cours d’études de consommation et au cours de la surveillance post-commercialisation. En complément de plusieurs évaluations de sécurité approfondies menées par le passé, le Comité scientifique de l’alimentation humaine (CSAH)[6] a examiné, en 2002, toutes les données antérieures et plus récentes sur l’aspartame et a conclu que l’aspartame est sûr pour la consommation humaine.

Qu’en est-il de l’étude récente concernant l’association entre la consommation de boissons édulcorées artificiellement et le risque accru d’accouchement prématuré ?

En février 2011, l’EFSA a également examiné la publication Halldorsson et al. (2010) [7] qui fait part de résultats suggérant que la consommation quotidienne de boissons non alcoolisées contenant des édulcorants artificiels peut être associée à un risque accru d’accouchement prématuré.

L’EFSA a conclu qu’aucune preuve disponible dans l’étude ne permettait d'affirmer qu’il existait un lien de causalité entre la consommation de boissons non alcoolisées contenant des édulcorants artificiels et l'accouchement prématuré et que, comme l’indiquent les auteurs, des études supplémentaires seraient nécessaires pour confirmer ou pour infirmer ce lien. L’association identifiée par les auteurs a trait à des accouchements prématurés provoqués médicalement (plutôt que spontanés). Compte tenu de ce fait, l’EFSA a souligné que l’historique médical et les critères sur lesquels sont fondées les décisions médicales de provoquer l’accouchement sont des facteurs qui devraient faire l’objet d’une recherche plus approfondie. L’EFSA a recommandé que les prochaines études se penchent également sur d’autres facteurs de confusion importants tels que l’exposition à d’autres substances du régime alimentaire qui pourraient avoir un effet sur la grossesse.

L’indépendance des conseils scientifiques relatifs à l’aspartame a été remise en question dans le passé. Comment l’EFSA garantit-elle l’indépendance de ses avis scientifiques ?

L’EFSA veille constamment à identifier les conflits d’intérêts potentiels, tout en tenant compte du fait que les experts scientifiques de haut niveau en Europe ne peuvent acquérir leur expertise que s’ils sont actifs dans leur domaine de spécialisation. L’indépendance des experts scientifiques et de toutes les personnes impliquées dans les activités de l’EFSA est garantie par l’une des politiques en matière de déclaration d’intérêts les plus rigoureuses au monde. Parmi l’ensemble robuste de mécanismes internes et de procédures de travail appliqués par l’EFSA figure une déclaration obligatoire d’engagement et d’indépendance ainsi qu’une déclaration d’intérêts. Ces déclarations se font annuellement et sont accessibles publiquement sur le site internet de l’EFSA. En plus de ces déclarations annuelles, les membres du comité scientifique et des groupes scientifiques, les experts externes participant aux groupes de travail et les membres du personnel de l’EFSA déclarent, au début de chaque réunion, tout intérêt qui pourrait porter préjudice à leur indépendance en relation avec les points à l’ordre du jour. Quand un conflit potentiel est identifié, l’EFSA limite la participation ou exclut des experts de ses activités scientifiques. De plus amples informations sur la politique de l’EFSA en matière d’indépendance sont disponibles sur ce lien :
http://www.efsa.europa.eu/fr/values/independence.htm

 

Qui réglemente l’utilisation de l’aspartame au sein de l’UE ? Quel est le rôle de l’EFSA ?

Le rôle de l’EFSA est de fournir des avis scientifiques indépendants en réponse à des questions posées par les gestionnaires des risques en matière de sécurité des aliments destinés à l’alimentation humaine et animale et de communiquer ses avis au grand public. C’est dans ce contexte que l’EFSA et ses groupes scientifiques réalisent les évaluations de sécurité et examinent de nouvelles preuves telles que l’étude récente menée par la Fondation européenne Ramazzini sur la carcinogénicité de l’aspartame chez les souris.

Il n'est pas du ressort de l’Autorité d'autoriser ou d'interdire l’utilisation de substances spécifiques dans les aliments. C'est la responsabilité des gestionnaires des risques au sein de la Commission européenne, du Parlement européen et des États membres de l’UE de définir et d’adopter les mesures requises en temps opportun et en tenant compte des avis scientifiques et d’autres considérations éventuelles.

Pourquoi a-t-on demandé à l’EFSA de réexaminer la sécurité de l’aspartame en tant qu’édulcorant artificiel ?

En mai 2011, la Commission européenne a invité l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) à anticiper la réévaluation complète de la sécurité de l’aspartame (E 951) en 2012. Il était prévu à l’origine que cette réévaluation soit achevée en 2020. L’examen de cet édulcorant individuel est programmé dans le cadre de la réévaluation systématique de tous les additifs alimentaires ayant été autorisés dans l’Union européenne avant le 20 janvier 2009, examen prévu par le Règlement (UE) n° 257/2010.

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E-mail: Press@efsa.europa.eu

Press Office Hotline 

Tel: + 39 0521 036 149

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1] Soffritti M. et al., Aspartame administered in feed, beginning prenatally through life span, induces cancers of the liver and lung in male Swiss mice, Am. J. Ind. Med. 2010, 53, 1197-1206.

[2] Halldorsson T.I. et al., Intake of artificially sweetened soft drinks and risk of preterm delivery: a prospective cohort study in 59334 Danish pregnant women. Am. J. Clin. Nutr. 2010, 92: 626-633.

[3] De plus amples informations sur les travaux entrepris par l’ANSES sont disponibles sur le lien suivant: http://www.anses.fr/PM910058I0.htm