Colorants alimentaires

Les colorants alimentaires sont des additifs alimentaires qui sont ajoutés aux aliments pour les raisons suivantes principalement :

  • compenser les pertes de couleur dues à l’exposition à la lumière, à l’air, à l’humidité ou aux variations de température ;
  • renforcer les couleurs naturelles ;
  • ajouter de la couleur à des aliments qui, autrement, n’en auraient pas ou auraient une couleur différente.

Les colorants alimentaires sont présents dans de nombreux aliments, notamment les en-cas, la margarine, les fromages, les confitures et les gelées, les desserts, les boissons, etc. La sécurité de tous les colorants alimentaires autorisés dans l’Union européenne (UE) fait l’objet d’une évaluation scientifique rigoureuse.

Travaux achevés

C’est le groupe scientifique de l'EFSA sur les additifs alimentaires et les sources de nutriments ajoutés aux aliments (groupe ANS) qui évalue la sécurité des colorants alimentaires. L’évaluation de la sécurité des colorants alimentaires et des autres additifs alimentaires réalisée par le groupe scientifique implique un examen complet de toutes les études scientifiques existantes ainsi que de toutes les données disponibles sur la toxicité et l’exposition des individus, informations grâce auxquelles le groupe scientifique pourra tirer des conclusions concernant la sécurité de la substance concernée.

Entre 2009 et 2016, le groupe ANS a réévalué la sécurité de tous les colorants alimentaires précédemment autorisés dans le cadre de la réévaluation de tous les additifs alimentaires ayant été approuvés dans l’UE avant le mois de janvier 2009.

C’est en revanche le groupe scientifique de l’EFSA sur les produits diététiques, la nutrition et les allergies qui examine si certains colorants alimentaires sont susceptibles de provoquer des réactions indésirables en matière d’allergies alimentaires.

Colorants utilisés en alimentation humaine et animale

Les colorants utilisés en tant qu'additifs dans l'alimentation humaine peuvent aussi faire l’objet d'une autorisation pour l'alimentation animale. La sécurité des additifs destinés respectivement à l'alimentation humaine et à l'alimentation animale est évaluée par des groupes scientifiques différents et les exigences en matière de données requises sont également différentes en raison des cadres réglementaires distincts dans ces deux domaines. Les groupes scientifiques de l’EFSA coordonnent néanmoins leurs travaux scientifiques pour assurer la cohérence dans leurs travaux d’évaluation et dans la prise en considération des informations scientifiques disponibles dans ces domaines.

2016 Finalisation de la réévaluation de tous les colorants alimentaires précédemment autorisés. Au total, le groupe ANS a réévalué 41 colorants alimentaires, en tenant compte des nouvelles études lorsqu'elles étaient disponibles.

2013 Les scientifiques de l’EFSA renforcent la coordination des évaluations des additifs destinés à l’alimentation humaine et animale, mettant en évidence les travaux conjoints sur les colorants.

2012 Finalisation de la réévaluation de la plupart des colorants alimentaires

2009 L’EFSA accepte un mandat pour la réévaluation des colorants alimentaires autorisés avant le 20 janvier 2009

2008 L’EFSA évalue l’étude de Southampton sur les colorants alimentaires et le comportement des enfants 

Dans le domaine des colorants alimentaires, l’EFSA est responsable de trois tâches principales :

  • Évaluer la sécurité des nouveaux colorants alimentaires ou des nouvelles utilisations proposées pour des colorants alimentaires existants avant qu'ils ne puissent être autorisés dans l'UE
  • Réévaluer tous les colorants alimentaires ayant été autorisés dans l’Union européenne avant le 20 janvier 2009 (travaux finalisés en 2016)
  • Répondre à des demandes ad hoc de la Commission européenne en vue de réévaluer certains colorants alimentaires au vu de nouvelles informations scientifiques et/ou de nouvelles conditions d’utilisation.

Définir un « niveau sans danger »

Dans le cadre de ses évaluations de la sécurité des colorants alimentaires et d’autres additifs, l’EFSA s’efforce d’établir, lorsque c’est possible (à savoir quand les informations disponibles sont suffisantes), une dose journalière admissible (DJA) pour chaque substance.

La DJA représente la quantité d'une substance qu’une personne peut consommer quotidiennement pendant toute la durée d’une vie sans risque appréciable pour sa santé. Les DJA sont habituellement exprimées en milligrammes par kilogramme de poids corporel par jour (mg/kg pc/jour). La DJA peut s’appliquer à un additif spécifique ou à un groupe d’additifs ayant des propriétés similaires. Lorsqu’elle réévalue des additifs ayant déjà été autorisés, l’EFSA peut soit confirmer, soit modifier une DJA existante après avoir passé en revue toutes les preuves scientifiques disponibles.

Lorsque les données sont insuffisantes pour définir précisément une DJA, une marge de sécurité peut être calculée afin de déterminer si l'exposition estimée pourrait constituer un problème sanitaire potentiel.

Dans d'autres cas, par exemple pour des substances qui sont déjà présentes dans l'organisme, pour des composants ordinaires du régime alimentaire ou des composants pour lesquels les études animales n'ont pas révélé d’effet indésirable, il n’est pas nécessaire de fixer une DJA.

En vertu de la législation européenne, tous les additifs alimentaires, dont les colorants, doivent faire l’objet d'une procédure d'autorisation avant de pouvoir être utilisés dans les aliments.

La procédure d'autorisation débute par la soumission d'une demande officielle à la Commission européenne, constituée d'un dossier  contenant des données scientifiques sur les utilisations et les niveaux d'utilisation proposés de la substance. La Commission européenne communique ensuite le dossier à l'EFSA qui doit évaluer l'innocuité de la substance pour les utilisations prévues. La Commission européenne décide alors d'autoriser ou non la substance, sur la base de l’évaluation réalisée par l'EFSA. L’autorisation de nouvelles utilisations proposées pour des additifs alimentaires existants suit la même procédure.

Une fois autorisées, ces substances sont incluses dans la liste européenne des additifs alimentaires autorisés, figurant dans le règlement CE 1333/2008, qui précise également leurs conditions d'utilisation. Les additifs alimentaires autorisés doivent également être conformes à des critères de pureté approuvés établis dans le règlement UE 231/2012.

En décembre 2008, la législation en vigueur a été consolidée au sein de quatre règlements simplifiés couvrant toutes les substances connues comme « améliorants alimentaires »  (c.à.d. les additifs alimentaires, les enzymes alimentaires et les arômes). Le règlement CE 1331/2008 introduit une procédure d’autorisation commune pour ces substances. Le règlement CE 1333/2008 sur les additifs alimentaires établit une liste UE des additifs alimentaires autorisés, publiée dans son intégralité dans le règlement UE 1129/2011.

La Commission européenne peut occasionnellement solliciter les conseils de l’EFSA en matière d’allergies alimentaires lorsqu’elle décide de l’inclusion possible de colorants alimentaires dans la liste des allergènes alimentaires reprise dans l’annexe IIIa de la directive 2000/13/CE sur l’étiquetage, la présentation et la publicité des denrées alimentaires.

1. Pourquoi l'FSA a-t-elle évalué les colorants au cours de ces dernières années?

Depuis 2009, l'EFSA examine la sécurité de tous les additifs alimentaires dont l'utilisation avait été approuvée dans l'UE avant cette date. Beaucoup d’additifs ont été initialement autorisés il y a de nombreuses années et, dans certains cas, de nouvelles données scientifiques sont à présent disponibles. Les colorants alimentaires ont été réévalués en premier lieu, car ils font partie des premiers additifs alimentaires autorisés dans l'UE.

Le groupe d'experts de l'EFSA en charge des additifs alimentaires, le groupe ANS, a commencé la réévaluation de tous les colorants alimentaires autorisés (45 au total), en donnant la priorité à ceux qui sont produits de manière synthétique et, par la suite, à ceux obtenus à partir de sources naturelles. La réévaluation de tous les colorants alimentaires autorisés précédemment, devrait être terminée en 2015.

2. Les colorants utilisés dans l'alimentation humaine peuvent-ils aussi être utilisés dans l'alimentation animale?

Les colorants utilisés en tant qu'additifs dans l'alimentation humaine peuvent aussi être autorisés pour une utilisation comme additifs dans l'alimentation animale. La sécurité des additifs destinés respectivement à l'alimentation humaine et à l'alimentation animale est évaluée par des groupes scientifiques différents de l'EFSA et les exigences en matière de données requises sont également différentes en raison des cadres réglementaires distincts dans ces deux domaines. Par exemple, les exigences requises en matière de pureté dans les secteurs de l'alimentation humaine et animale peuvent varier considérablement. Les groupes scientifiques de l'EFSA coordonnent néanmoins leurs travaux scientifiques pour assurer la cohérence dans leur approche d'évaluation des risques et dans la prise en considération des informations scientifiques disponibles dans ces domaines.

3. Pourquoi l'EFSA a-t-elle publié une déclaration sur un groupe de colorants en juin 2013?

Les experts de l'EFSA ont publié une déclaration après avoir examiné de nouvelles données relatives au colorant rouge Allura AC (E 129) et à cinq autres colorants chimiquement apparentés, connus sous le nom de «colorants monoazoïques sulfonés». Le groupe scientifique ANS avait établi une dose journalière acceptable (DJA) pour ces colorants, à la suite d’évaluations réalisées précédemment (la DJA est la quantité d'une substance qu'un être humain peut ingérer chaque jour au cours de son existence sans risque notable pour sa santé.) Dans sa déclaration de juin 2013, le groupe a reconfirmé qu'il n'existait actuellement pas de raison de revoir la DJA pour le rouge allura AC (E 129).

L'EFSA a néanmoins recommandé que de nouveaux tests soient réalisés pour apporter une réponse aux incertitudes liées à la génotoxicité potentielle du rouge allura AC. La génotoxicité est la capacité d'une substance à endommager l'ADN, le matériel génétique des cellules. Cette recommandation s'applique également aux autres «colorants monoazoïques sulfonés» de ce groupe: l'amarante (E 123), le Ponceau 4R (E 124), le jaune orangé S (E 110), la tartrazine (E 102) et l'azorubine/carmoisine (E 122).

À l'exception de l'amarante (E 123), qui n'est pas utilisé dans l'alimentation animale, ces colorants ont également été évalués ou sont en cours d'évaluation pour être utilisés en tant qu'additifs destinés à l'alimentation animale.

4. Quelles sont les incertitudes mentionnées dans la déclaration de l'EFSA de 2013 sur les colorants azoïques?

Les substances génotoxiques sont des substances qui peuvent endommager l'ADN, le matériel génétique des cellules, et peuvent provoquer des mutations ou le cancer. La génotoxicité est l'un des nombreux facteurs que les scientifiques évaluent lors de l'évaluation de la sécurité des additifs et des autres substances ajoutées aux aliments.

À l'issue d'un examen des données, les experts de l'EFSA ont estimé que ces colorants azoïques pourraient partager un schéma d'effets justifiant un examen plus approfondi. Actuellement, l’ensemble des éléments probants disponibles indiquent cependant qu'ils ne sont pas génotoxiques.

5. Qu'entend-on par « le poids de la preuve » ?

Le concept de « poids de la preuve » décrit un processus qui consiste à examiner, en cas d'incertitude, si des informations étayent ou s’opposent à un résultat particulier, puis de prendre une décision sur la base de la preuve la plus convaincante.

Tout le monde prend, tout le temps et tous les jours, des décisions personnelles basées sur le poids de la preuve. Dans le domaine de l'évaluation des risques, le type de preuve considérée est très technique et souvent difficile à comprendre pour un non-scientifique. Cependant, l'analyse et l'évaluation des informations scientifiques suivent des étapes bien établies qui aident les scientifiques à peser les preuves et à prendre des décisions en s’appuyant sur leurs connaissances scientifiques et leur expérience.

6. Un dépassement de la DJA peut-il entraîner un risque pour la santé?

Dans le cadre de l'évaluation de la sécurité des additifs alimentaires tels que les colorants, les évaluateurs des risques comme l'EFSA établissent, quand c'est possible (à savoir quand les informations disponibles sont suffisantes), une dose journalière acceptable (DJA) pour chaque substance. La DJA est la quantité d'une substance qu'un être humain peut ingérer chaque jour au cours de son existence sans risque notable pour sa santé.

La DJA est généralement établie en se basant sur la plus haute dose à laquelle une substance n'a aucun effet nocif chez les animaux de laboratoire, en appliquant un facteur de sécurité (généralement de 100) afin de tenir compte des différences qui existent entre l'homme et l'animal. De ce fait, même si une personne dépasse la DJA pour une substance donnée, cela n'aura pas forcément d'effets négatifs sur sa santé.

7. Lorsque des colorants sont utilisés dans des additifs destinés à l'alimentation animale, la sécurité des consommateurs est-elle affectée, tout comme la sécurité des animaux?

Dans le cas des additifs ajoutés aux denrées alimentaires, une substance utilisée dans un additif est ingérée directement via les aliments. Pour les additifs destinés à l'alimentation des animaux producteurs de denrées alimentaires (élevage), les consommateurs peuvent être exposés indirectement. Les résidus d’une substance peuvent être présents dans les produits dérivés de ces animaux, tels que la viande, les œufs ou les produits laitiers. Des limites, appelées limites maximales de résidus (LMR) ont été fixées par les régulateurs pour les additifs destinés à l'alimentation animale, afin de s'assurer que l'exposition des consommateurs aux résidus de ces produits est inférieure à la dose journalière acceptable pour les consommateurs.

L'évaluation de la sécurité des additifs destinés à l'alimentation animale prend aussi en considération les éventuels effets nocifs de ces substances sur l'animal cible (c'est-à-dire l'animal qui consomme directement l'additif destiné à l'alimentation animale). Comme les animaux producteurs de denrées alimentaires, les animaux cibles peuvent éventuellement être des animaux de compagnie et d'autres animaux domestiques (par exemple, des chevaux). Des études de tolérance spécifiques sont effectuées sur les animaux cibles pour établir un indicateur de sécurité appelé «marge de sécurité» au cas où l'additif serait consommé en des doses supérieures à celles recommandées: plus la marge de sécurité est élevée, plus le risque pour l'animal est faible.

8. Dans quels produits destinés à l'alimentation humaine et animale les colorants azoïques et les autres colorants sont-ils utilisés?

Comme d'autres additifs alimentaires, les colorants azoïques mentionnés dans la déclaration de l'EFSA de juin 2013 peuvent être utilisés dans diverses denrées alimentaires comme les boissons non alcoolisées, les produits de boulangerie, les desserts, les sauces, les condiments et les confiseries. La législation de l'Union européenne précise dans quelles denrées alimentaires ils peuvent être utilisés et les quantités maximales pouvant être ajoutées par type de denrée alimentaire.

L'utilisation dans l'alimentation animale varie selon les colorants. Par exemple, la carmoisine (E 122), le rouge allura AC (E 129) et un autre colorant appelé bleu brillant (E 133) sont utilisés ou proposés pour une utilisation chez les chiens et les chats uniquement. D'autre part, les colorants bleu patenté V (E 131) et érythrosine (E 127) sont autorisés comme additifs destinés à l'alimentation animale pour une variété d'animaux non producteurs de denrées alimentaires, notamment les chats, les chiens, les poissons d'ornement et les reptiles.

9. Quels sont les groupes de population humaine présentant les niveaux d'exposition les plus élevés à ces colorants alimentaires? Dans quels pays?

Dans son évaluation initiale de dix colorants alimentaires comprenant le groupe des colorants azoïques, le groupe ANS a tiré ses conclusions de l'examen des données disponibles sur l'exposition des enfants à ces colorants dans neuf États membres de l'UE, et sur l'exposition des adultes au Royaume Uni, pays considéré comme l'un des plus grands consommateurs de boissons sans alcool d’Europe. Les données ont révélé qu'en général, les niveaux de consommation moyens et supérieurs sont considérablement plus élevés chez les enfants que chez les adultes.

Depuis, de nouvelles données sont apparues sur les niveaux réels de la plupart de ces colorants présents dans les denrées alimentaires. Sur la base de ces données, l'EFSA revoit actuellement ses évaluations de l'exposition humaine à ces dix colorants initiaux. Ces réévaluations devraient être achevées en novembre 2014. Pour en savoir plus sur l'évolution de ces évaluations, consultez leur état d'avancement dans le registre en ligne des questions de l'EFSA.

10. Pourquoi l'exposition humaine et l'exposition animale sont-elles différentes? Quelle en est l’incidence sur les risques pour la santé humaine et animale?

Plusieurs facteurs sont pris en compte pour calculer l'exposition à des risques potentiels  par l’intermédiaire des aliments destinés à l'alimentation humaine ou animale. Ces facteurs comprennent: le régime alimentaire, l'âge, la localisation géographique et les habitudes de consommation (par exemple régulière ou occasionnelle). Ces facteurs sont très différents entre l'homme et l'animal.

Prenons par exemple, la variété beaucoup plus grande d’aliments qui constituent le régime alimentaire des êtres humains. Les animaux consomment en général la même nourriture quotidiennement, tandis que les êtres humains varient généralement leur régime tout au long de la journée et de la semaine. La nourriture que les humains consomment pour le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner en une seule journée peut contenir une plus grande variété d'ingrédients et de nutriments que celle consommée par les animaux en toute une vie. En outre, la durée de vie moyenne de la plupart des animaux d’élevage et des animaux domestiques est plus courte que celle des êtres humains. Par conséquent, les scientifiques peuvent prévoir que, puisque l'exposition des animaux à un risque potentiel se produit plus souvent et, en comparaison avec les êtres humains, pendant une partie plus longue de leur existence, le risque pour la santé animale posé par une substance donnée peut être plus élevé que pour les êtres humains.

11. Les additifs sont-ils évalués différemment même s'ils sont utilisés à la fois dans l'alimentation humaine et dans l'alimentation animale?

Conformément à la législation européenne en vigueur dans les secteurs de l'alimentation humaine et animale, l'EFSA est tenue de respecter les différents cadres réglementaires qui prévoient des exigences distinctes en matière de données. La législation qui sous-tend ces cadres a été élaborée à des époques différentes pour diverses raisons d'ordre historique, politique et socioéconomique. Dès lors, les exigences en matière de données pour l'autorisation des substances utilisées dans l'alimentation humaine et animale peuvent être différentes.

En dépit de ces différences, lors de l'évaluation de la sécurité de substances telles que des colorants et d'autres additifs utilisés tant dans l'alimentation humaine que dans l'alimentation animale, les groupes scientifiques de l'EFSA visent à assurer la cohérence de leurs approches d'évaluation des risques, y compris dans la prise en compte des informations scientifiques disponibles dans ces deux domaines.

12. Ces colorants ont-ils suscité des préoccupations par le passé?

En 2007, l'agence britannique des normes alimentaires (Food Standards Agency) a mandaté une étude, menée par des chercheurs de l'université de Southampton (McCann et al., 2007), qui indiquait que certains mélanges de cinq colorants azoïques (le groupe mentionné dans la troisième question ci-dessus, à l'exception de l'amarante), du jaune de quinoléine (E 104) avec l'agent conservateur benzoate de sodium (E 211) pouvaient avoir un léger effet sur l'activité et l'attention dans certains groupes d'enfants.

Les experts de l'EFSA ont évalué «l'étude Southampton» en 2008 et ont conclu que les résultats ne pouvaient pas servir de base pour une modification des DJA pour les additifs individuels. L'une des raisons de cette conclusion est que l'étude portait sur des mélanges et non sur les additifs individuels. Il s'est donc avéré impossible d'attribuer les effets aux substances de façon individuelle.

Dans le cadre de son examen systématique des additifs destinés à l’alimentation humaine dont l'utilisation est autorisée dans l'UE, l'EFSA a étudié toutes les preuves scientifiques disponibles pour chacun de ces colorants individuels et les a évalués en priorité en raison des préoccupations qu’ils avaient soulevées. Ces avis scientifiques ont été adoptés en novembre 2009.

13. Quelles ont été les principales conclusions de l'EFSA quant aux colorants de «l'étude Southampton»?

En 2009, après voir examiné toutes les preuves scientifiques disponibles, le groupe ANS a décidé de réduire la DJA pour trois des six colorants en question, à savoir, le jaune de quinoléine (E 104), le jaune orangé S (E 110) et le Ponceau 4R (E 124). En conséquence, le groupe a conclu que l'exposition à ces colorants par le biais de l'alimentation pourrait dépasser les nouvelles DJA, tant pour les adultes que pour les enfants. En 2014, l’EFSA a fixé une dose journalière acceptable de 4mg/kg pc/jour pour le Jaune orangé S. Les experts ont aussi conclu que les estimations de l’exposition se situaient bien en deçà de cette DJA pour tous les groupes de population.

Le groupe scientifique n'a pas modifié les DJA établies pour les trois autres colorants évalués, la tartrazine (E 102), l'azorubine/carmoisine (E 122) et le rouge allura AC (E 129). Le groupe est également arrivé à la conclusion que seuls les enfants qui consomment de grandes quantités d'aliments et de boissons contenant de l'azorubine/carmoisine ou du rouge allura AC pourraient dépasser les DJA établies pour ces colorants.

14. Qu'est-ce qu'une DJA provisoire?

Les évaluateurs des risques définissent parfois une DJA provisoire lorsque les données sont insuffisantes pour démontrer que l'utilisation de la substance est sans danger pendant toute la durée de la vie, mais suffisantes pour démontrer que cette substance peut être utilisée en toute sécurité sur la période de temps relativement courte requise pour générer et évaluer de façon plus approfondie les données de sécurité. Un facteur de sécurité plus élevé que la normale est utilisé lors de l'établissement d'une DJA provisoire et une date limite est fixée, avant laquelle des données permettant de résoudre la question de la sécurité sont requises.

15. Les colorants alimentaires azoïques ont-ils des effets sur le comportement des enfants?

Dans l'avis de l'EFSA de 2008, et comme l’ont à nouveau confirmé les évaluations ultérieures, les experts de l'EFSA ont conclu que les preuves scientifiques disponibles, dont « l'étude Southampton » elle-même, n'apportaient pas de preuves démontrant un lien de cause à effet entre les colorants individuels et d'éventuels effets sur le comportement.

16. Pourquoi l'EFSA n'examine-t-elle que les colorants individuels et non les mélanges?

Dans le système de sécurité des aliments de l'UE, tous les additifs sont actuellement évalués et autorisés individuellement. Afin de protéger les consommateurs, la sécurité de chaque additif doit être démontrée de façon individuelle, avant que son autorisation pour une utilisation alimentaire puisse être considérée par les gestionnaires des risques (la Commission européenne, le Parlement européen et les États membres de l'UE).

Il n'est pas toujours possible d'évaluer la sécurité des mélanges de produits chimiques en utilisant des méthodes normalisées d'évaluation des risques. Le nombre de combinaisons possibles d'additifs et d’autres substances naturellement présentes dans l'alimentation est pratiquement infini, si on tient compte des différentes compositions des aliments, des choix alimentaires des consommateurs et des habitudes alimentaires.

La communauté scientifique, dont l'EFSA, tente de mettre au point des méthodes afin de mesurer les risques possibles associés à une exposition à des produits chimiques multiples présents dans l'alimentation. Par exemple, l'Autorité a réalisé des progrès importants dans l'évaluation des risques associés à des pesticides et des contaminants multiples chez les êtres humains, et à des pesticides multiples chez les abeilles. En juillet 2013, l'EFSA a publié son premier rapport majeur sur l'exposition combinée à des produits chimiques multiples et continuera à contribuer aux avancées scientifiques dans ce domaine.

17. Que se passera-t-il ensuite?

L'EFSA continuera à fournir des avis scientifiques indépendants sur les colorants utilisés dans l'alimentation humaine et animale. Pour le rouge allura AC (E 129) et les cinq autres colorants monoazoïques sulfonés, les experts scientifiques de l'EFSA ont recommandé de nouvelles études pour identifier une éventuelle génotoxicité de ces substances à l'aide du protocole expérimental le plus récent et validé. En fonction des résultats de ces nouvelles études, les experts de l'EFSA réexamineront, si nécessaire, les DJA existantes pour ces six substances.

Toute action de suivi ultérieure incombe aux gestionnaires des risques de l'UE qui autorisent ou non l'utilisation des additifs dans l'alimentation humaine et animale.