L’EFSA adopte un avis scientifique sur deux ingrédients communément utilisés dans certaines boissons énergétiques

Communiqué de presse
12 février 2009

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a adopté un avis scientifique sur deux ingrédients couramment utilisés dans des boissons dites énergétiques. Suite à une demande de la Commission européenne, le groupe scientifique de l’EFSA sur les additifs alimentaires et les sources de nutriments ajoutés aux aliments (groupe ANS) a conclu que l’exposition à la taurine et au d-glucuronolactone via la consommation régulière de boissons énergétiques ne devait pas susciter d’inquiétude en termes de sécurité.

Cette évaluation fait suite à une évaluation des risques sur ces deux substances réalisée par l’ancien Comité scientifique de l’alimentation humaine (CSAH) de la Commission européenne en 2003. Le groupe ANS considère que les données publiées récemment sont suffisantes pour réfuter les inquiétudes soulevées à l’époque par l’avis du CSAH concernant les effets nocifs possibles de la taurine sur le cerveau et du d-glucuronolactone sur les reins. Etant donné que le risque d’exposition était basé sur des données rassemblées par le CSAH en 2003, le groupe scientifique a également déclaré qu’il pourrait être nécessaire de collecter des données d’exposition actualisées sur la consommation de boissons énergétiques, en particulier chez les adolescents et les jeunes adultes.

John Christian Larsen, président du groupe ANS, a déclaré : « Dans cet avis, on s’est attaché à évaluer l’innocuité de ces deux ingrédients en tant que composants des boissons énergétiques, plutôt que les boissons énergétiques elles-mêmes qui contiennent diverses substances sous forme de combinaisons variées. Compte tenu des chiffres disponibles sur la consommation et des nouvelles données toxicologiques, le groupe considère que les questions spécifiques soulevées précédemment par l’ancien Comité scientifique de l’alimentation humaine concernant l’innocuité de ces deux ingrédients sont résolues. »

La taurine et le d-glucuronolactone se retrouvent naturellement dans les aliments et constituent des métabolites humains normaux. Cependant, ils sont utilisés à des niveaux nettement supérieurs dans les boissons énergétiques. Les nouvelles données ont confirmé une dose sans effet indésirable observé (DSEIO) de 1000 mg par kg de poids corporel et par jour pour les deux substances.

Le groupe scientifique a conclu que cette marge de sécurité est suffisante pour les personnes ayant une consommation régulière moyenne ou élevée de boissons énergétiques, c’est-à-dire qui absorbent en moyenne respectivement 125 ml (0,5 cannette) et 350 ml (1,4 cannette) par personne par jour ; l’exposition à la taurine et au d- glucuronolactone à ces niveaux ne constitue donc pas un problème en termes de sécurité.

Dans l’avis, le groupe note que des problèmes de santé aigus, y compris des décès, ont été signalés chez de jeunes personnes consommant des boissons énergétiques soit en très grande quantité (par exemple, le cas d’une personne qui avait consommé 1420 ml), soit en association avec une activité physique ou, plus fréquemment, en association avec de l’alcool. Le groupe a également retenu la conclusion du CSAH selon laquelle la consommation concomitante d’alcool et/ou de drogues constatée dans la plupart des cas rend l’interprétation des cas signalés particulièrement difficile. En ce qui concerne certains rapports récents, le groupe a estimé qu’il était possible que les problèmes de santé observés soient dus aux effets indésirables bien connus de l’absorption élevée de caféine ; en revanche l’hypothèse d’une relation de cause à effet avec l’ingestion de taurine manque d’arguments scientifiquement fondés.

Sur la base de nouvelles données provenant d’études chez l’homme, le groupe a considéré qu’il était peu probable qu’il existe des interactions cumulées entre la taurine et la caféine qui auraient des effets diurétiques (autrement dit, une perte d’eau et de sodium dans l’organisme). Le groupe a également exprimé son accord avec la conclusion du CSAH selon laquelle il était peu probable que le d-glucuronolactone interagisse avec la caféine, la taurine, l’alcool ou les effets de l’exercice physique.


Notes aux éditeurs:

La dose sans effet indésirable observé (DSEIO) a été définie par l’Organisation mondiale de la Santé en 1994 comme la concentration ou la quantité d’une substance la plus importante, déterminée par l’observation ou les expériences, n’entraînant aucun effet indésirable détectable dans le groupe cible concerné.

La DSEIO représente 43 fois la quantité de taurine et 71 fois la quantité de d-glucuronolactone qui serait absorbée par un gros consommateur régulier pesant 60 kg et buvant 1,4 cannette de boisson énergétique par jour, en considérant une cannette de 250 ml.

Ce point avait été identifié par le CSAH comme le principal domaine d’interaction possible entre la taurine et la caféine, un autre ingrédient courant dans les boissons énergétiques.