Mercure dans les aliments – l’EFSA actualise ses conseils concernant les risques pour la santé publique

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a établi des doses hebdomadaires tolérables (DHT) ou «niveaux sûrs», censés protéger les consommateurs des effets nocifs pour la santé dus à une présence éventuelle des principales formes de mercure dans les denrées alimentaires: le méthylmercure et le mercure inorganique. Le méthylmercure est la forme prédominante de mercure dans le poisson et d’autres produits de la mer; il est particulièrement toxique pour le développement du système nerveux, notamment le développement cérébral. Il est peu probable que l’exposition moyenne actuelle au méthylmercure présent dans les aliments dépasse la DHT mais la probabilité d’atteindre un tel niveau augmente cependant chez les personnes qui consomment du poisson en grande quantité et de façon régulière. Ce groupe peut inclure des femmes enceintes et le fœtus pourrait alors être exposé pendant une période critique de développement du cerveau. Le mercure inorganique est moins toxique et peut également être présent dans le poisson et d’autres produits de la mer, ainsi que dans des plats cuisinés. Il est peu probable que l’exposition alimentaire au mercure inorganique dépasse la DHT pour la plupart des personnes, sauf en cas d’association avec d’autres sources d’exposition.

À la demande de la Commission européenne, le groupe scientifique de l’EFSA sur les contaminants de la chaîne alimentaire (groupe scientifique CONTAM) a examiné de nouvelles informations scientifiques relatives à la toxicité de ces formes de mercure et a évalué les DHT provisoires établies en 2003 et en 2010 par le comité mixte FAO/OMS d’experts en additifs alimentaires (JECFA). Dans son avis, le groupe scientifique CONTAM a établi une DHT pour le mercure inorganique de 4 µg/kg de poids corporel (p.c.), qui concorde avec celle du JECFA. Pour le méthylmercure, de nouvelles études indiquent que les effets bénéfiques associés aux acides gras oméga 3 à longue chaîne présents dans le poisson ont pu conduire précédemment à sous-estimer les effets nocifs potentiels du méthylmercure dans le poisson. Le groupe scientifique a donc proposé une DHT pour le méthylmercure de 1,3 µg/kg de p.c., inférieure à la DHT de 1,6 µg/kg de p.c. fixée par le JECFA.

La disponibilité de données plus précises sur la consommation alimentaire et les niveaux de mercure dans les aliments ont permis au groupe scientifique d’évaluer plus exactement l’exposition humaine au méthylmercure d’origine alimentaire. La chair de poisson – notamment de thon, d’espadon, de cabillaud, de merlan et de brochet – a été identifiée comme principal facteur contribuant à l’exposition au méthylmercure en Europe, pour tous les groupes d’âge, avec en plus le colin chez les enfants. L’exposition chez les femmes en âge d’avoir des enfants a été examinée plus particulièrement et n’a pas montré de différence par rapport à celle des adultes en général. L’exposition alimentaire chez les personnes consommant du poisson en grande quantité et de façon régulière était en général deux fois plus élevée que celle de l’ensemble de la population.

Cet avis porte uniquement sur les risques liés à l’exposition au mercure inorganique et au méthylmercure d’origine alimentaire et ne comprend pas l’évaluation des bénéfices nutritionnels associés à certains aliments (par exemple le poisson et d’autres produits de la mer). Cependant, le groupe scientifique CONTAM a ajouté que si des mesures visant à réduire l’exposition au méthylmercure sont envisagées par les gestionnaires des risques, les effets bénéfiques potentiels de la consommation de poisson devraient également être pris en compte.

Notes to editors
  • Le mercure est un métal qui est libéré dans l’environnement à la fois à partir de sources naturelles et par l’intermédiaire d’activités humaines. Outre le mercure élément, il peut se présenter sous la forme de mercure inorganique (cations mercureux (Hg22+) et mercuriques (Hg2+)), ainsi que de mercure organique. Le méthylmercure (MeHg) est de loin la forme la plus fréquente de mercure organique dans la chaîne alimentaire.
  • Une dose journalière ou hebdomadaire tolérable (DJT/DHT) est une estimation de la quantité moyenne d’un contaminant chimique pouvant être consommée par jour ou par semaine pendant toute la durée de la vie, sans présenter de risque significatif pour la santé. L’exposition à ce type de contaminants, bien que non souhaitable, est parfois inévitable car la présence de certains d’entre eux dans les aliments peut résulter de la pollution de l’environnement (par. ex. en ce qui concerne le plomb, les dioxines, etc.).
  • Les acides gras oméga 3 ou «n-3 polyinsaturés à longue chaîne» jouent un rôle important dans la croissance et le développement du cerveau, la régulation de la pression artérielle, la fonction rénale, la coagulation sanguine et les réactions inflammatoires et immunologiques. Le groupe scientifique de l’EFSA sur les produits diététiques, la nutrition et les allergies (groupe scientifique NDA) a récemment évalué la sécurité des acides gras oméga-3 à longue chaîne .
  • Un appel pour la collecte annuelle de données sur la présence de contaminants chimiques dans les denrées alimentaires et les aliments pour animaux, concernant notamment le mercure, avait été lancé par l’EFSA en décembre 2010. En réponse, l’EFSA avait reçu 59.820 résultats de tests de recherche sur le mercure dans des aliments de la part de 20 pays européens, couvrant la période 2002 à 2011. En raison de l’absence d’informations spécifiques sur le méthylmercure et le mercure inorganique dans les données recueillies, l’évaluation de l’exposition (sauf pour le lait maternel) a été réalisée sur la base des données soumises pour le mercure total.
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