L’EFSA évalue une nouvelle étude sur l’aspartame et reconfirme sa sécurité

Communiqué de presse
4 mai 2006

Le groupe AFC[1] de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a évalué la nouvelle étude à long terme sur la carcinogénicité de l’aspartame, menée par la Fondation européenne Ramazzini[2], à Bologne, en Italie. Dans son avis publié aujourd’hui, le groupe scientifique a conclu, sur la base de toutes les preuves disponibles actuellement, qu’il n’est pas nécessaire de réexaminer la sécurité de l’aspartame, ni de revoir la dose journalière acceptable (DJA) fixée auparavant pour l’aspartame (40 mg/kg de poids corporel). Le groupe scientifique a également remarqué que les consommations d’aspartame en Europe, allant jusqu’à 10 mg/kg de poids corporel par jour, sont nettement inférieures à la DJA.

L’aspartame est un édulcorant intense et son utilisation dans les aliments et comme édulcorant de table est autorisée depuis plus de 20 ans dans de nombreux pays partout dans le monde. Des recherches approfondies sur l’aspartame et ses produits de dégradation ont été menées au cours d’études expérimentales animales et humaines, d’études de consommation et d’une surveillance post-commercialisation. En complément de plusieurs évaluations de sécurité menées par le passé, le Comité scientifique de l’alimentation humaine (SCAH) a réexaminé en 2002[3] toutes les études, originales et plus récentes, sur l’aspartame et a confirmé à nouveau que l’aspartame est sûr pour la consommation humaine.

Cependant, depuis la mise sur le marché de l’aspartame, sa sécurité est devenue un sujet de controverses. En 2005, la Fondation européenne Ramazzini a publié les nouveaux résultats d’une étude à long terme sur l’aspartame menée sur les rats. Les experts scientifiques de la Fondation européenne Ramazzini ont conclu que les résultats de leur étude indiquent que l’aspartame peut provoquer le cancer et que les directives actuelles sur l’utilisation et la consommation de cet édulcorant devraient être réévaluées. L’EFSA a immédiatement entamé l’évaluation de ces nouveaux résultats et demandé à la Fondation européenne Ramazzini de lui fournir tous les détails de l’étude nécessaires à l’évaluation. La Commission européenne a confirmé la nécessité d’évaluer l’étude et a accordé son soutien à la priorité absolue donnée à ce travail.

Le groupe scientifique a évalué les données étendues provenant de la nouvelle étude sur l’aspartame que la Fondation européenne Ramazzini a fournie à l’EFSA. Le groupe scientifique a remarqué que cette étude sur toute la durée de vie utilisait plus d’animaux par groupe de dose et un plus grand nombre de doses que les études conventionnelles de carcinogénicité. Ceci représentait un effort considérable et avait le potentiel d’être plus sensible aux effets d’incidence mineure. Cependant, le groupe scientifique a identifié un nombre d’aspects problématiques de grande importance posés par l’étude, lesquels rendaient l’interprétation des résultats difficile. Notamment une incidence sous-jacente élevée d’une affection inflammatoire chronique touchant les poumons et d’autres organes a été observée dans tous les groupes d’animaux, y compris les groupes de contrôle qui n’avaient pas reçu d’aspartame, comme rapporté par la Fondation européenne Ramazzini. Ce facteur a été considéré comme un facteur confondant important.

Voici les conclusions détaillées du groupe scientifique: 

  • La légère augmentation de l’incidence de cancers connus sous la forme de lymphomes et de leucémies chez les rats traités a été considérée comme sans rapport avec l’aspartame et sans doute attribuée à l’incidence sous-jacente élevée d’une affection pulmonaire inflammatoire. De plus, aucune relation dose-réponse n’a résulté de l’augmentation des doses d’aspartame.
  • Les résultats concernant les reins, l’uretère et la vessie, observés principalement chez les rats femelles, ne sont pas spécifiques à l’aspartame et ont été observés avec un nombre de substances administrées à fortes doses aux rats. De telles lésions sont normalement le résultat d’une irritation ou de déséquilibres en calcium propres au métabolisme des rats et ne sont pas pertinentes chez l’homme.
  • En ce qui concerne les tumeurs malignes des nerfs périphériques, le nombre de tumeurs était bas et sans relation dose-réponse claire sur un grand nombre de doses. Il y a également des incertitudes quant au diagnostic de ces tumeurs. Le groupe scientifique estime que ce résultat ne peut être complètement évalué que par un examen indépendant par des pairs des tissus pertinents.

Enfin, le groupe scientifique a conclu que sur la base de toutes les données disponibles à ce jour il n’y a pas lieu de réexaminer l’avis scientifique précédent sur la sécurité de l’aspartame ni de revoir la dose journalière acceptable (DJA) d’aspartame de 40 mg/kg de poids corporel. A propos de l’évaluation des risques effectuée par le groupe AFC, le Dr. Herman Koëter, directeur exécutif faisant fonction de l’EFSA, a déclaré : « L’EFSA considère que les résultats de cette nouvelle étude sur l’aspartame n’apportent pas une base scientifique pour reconsidérer son utilisation dans les aliments. Si de nouvelles informations devaient être disponibles dans le futur, l’EFSA les examinerait en leur accordant la priorité. »

Le texte intégral de l’avis est disponible à l’adresse suivante: http://www.efsa.europa.eu/en/efsajournal/pub/356.htm 

Pour de plus amples informations, veuillez vous reporter également aux documents de référence : (Questions et Réponses sur l’aspartame) et aux liens vers les communiqués de presse et les évaluations des risques précédents liés à l’aspartame qui sont disponibles sur le site de l’EFSA à l’adresse suivante: Aspartame .


Notes aux éditeurs:

Les données provenant de la nouvelle étude sur l’aspartame présentées dans les publications de la Fondation européenne Ramazzini[4] étaient insuffisantes pour permettre au groupe AFC d’évaluer l’étude et ses résultats. A la suite de discussions avec la Fondation en juin 2005, l’EFSA a demandé accès aux informations scientifiques supplémentaires requises pour l’évaluation. En décembre 2005, l’EFSA a reçu un dossier étendu des résultats. Un groupe de travail de l’EFSA sur l’aspartame, composé d’experts scientifiques indépendants et spécialisés dans le domaine, a été mis en place dès la réception des données à la fin l’année 2005. Cependant, il manquait encore des informations et des données fondamentales. A la demande de l’EFSA, la Fondation européenne Ramazzini lui a fourni des données supplémentaires le 19 avril 2006. Cependant après lecture, celles-ci n’ont pas contribué de façon significative à l’évaluation des résultats.

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[1] Groupe scientifique sur les additifs alimentaires, les arômes, les auxiliaires technologiques et les matériaux en contact avec les aliments (AFC).
[2] Fondation européenne d’oncologie et de sciences environnementales « B. Ramazzini »
[3] http://europa.eu.int/comm/food/fs/sc/scf/out155_en.pdf  
[4] http://www.ramazzini.it/ricerca/pdfUpload/Eur%20J%20Oncol%20Vol%2010%20107-116_2005.pdf  - http://ehp03.niehs.nih.gov/article/fetchArticle.action?articleURI=info%3Adoi%2F10.1289%2Fehp.8711