L'Autorité européenne de sécurité des aliments suit de près la littérature scientifique relative au rôle possible de l'alimentation dans la transmission du SRAS-CoV-2 (le virus à l'origine de la maladie COVID-19 ou maladie à coronavirus) à l'homme.
Comme nous l'avons déjà signalé dans des avis précédents, il n'existe à ce jour aucune preuve que les aliments constituent une source ou une voie de transmission du SRAS-CoV-2.
Les données scientifiques indiquent que le virus se transmet de personne à personne par l’intermédiaire de petites gouttelettes respiratoires en cas d'éternuement, de toux ou lorsque des personnes interagissent entre elles en contact proche.
On ne peut pas exclure qu'une personne puisse être infectée après avoir touché une surface ou un objet, notamment des aliments ou des emballages alimentaires eux-mêmes contaminés par le SRAS-CoV-2 et avoir ensuite transféré le virus aux muqueuses du nez, des yeux ou de la bouche. Toutefois, il n'existe aucune preuve concluante de cette forme de transmission.
Rôle de l'EFSA
En ce qui concerne l'interface homme-animal du SRAS-CoV-2, l'EFSA a travaillé avec l'ECDC sur l'évaluation des risques pour la santé humaine du coronavirus chez le vison. Ces évaluations ont été réalisées après que le Danemark a signalé des cas d'infection humaine par des variants du SRAS-CoV-2 chez le vison. Le virus a ensuite été détecté dans des élevages de visons dans plusieurs pays de l'UE/EEE.
Étant donné qu’il n'existe aucune preuve scientifique de la transmission du SRAS-CoV-2 par la manipulation ou la consommation d'aliments, l'EFSA n'a par contre procédé à aucune évaluation spécifique en ce qui concerne la sécurité sanitaire des aliments. En revanche, l'EFSA surveille bien sûr en permanence la littérature scientifique pour identifier d’éventuelles nouvelles informations pertinentes sur cette question.
Jalons clés
Février 2021 Un rapport compilé par l'EFSA et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) recommande que la détection précoce du SRAS-CoV-2 constitue une priorité pour les activités de surveillance dans les élevages de visons dans l'Union européenne. Le rapport propose des options pour les stratégies de surveillance qui contribueront à prévenir et à contrôler la propagation de la maladie.
Il conclut que tous les élevages de visons doivent être considérés comme exposés au risque de SRAS-CoV-2 et que la surveillance doit inclure des mesures actives telles que des tests sur les animaux et sur le personnel, en plus de la surveillance passive exercée par les éleveurs et les vétérinaires.
Novembre 2020 Les spécialistes en santé animale de l'EFSA contribuent à une évaluation rapide des risques pour la santé humaine associés aux nouveaux variants du SRAS-CoV-2 chez le vison. L'évaluation contient plusieurs recommandations visant à protéger la santé publique.
FAQ
Ces FAQ portent sur le SRAS-CoV-2 et l'alimentation.
La consommation d'aliments est-elle une voie de transmission du SRAS-CoV-2 ?
Rien ne prouve que les aliments présentent un risque pour la santé publique en ce qui concerne le SRAS-CoV-2. La principale voie de transmission du SRAS-CoV-2 est de personne à personne, principalement par l’intermédiaire de gouttelettes respiratoires expulsées lorsque des personnes infectées éternuent, toussent ou expirent (voie respiratoire).
Les virus d'origine alimentaire sont des virus qui infectent les humains par la consommation d'aliments ou d'eau potable. Il existe certaines preuves que le SRAS-CoV-2 peut infecter les cellules intestinales (voir la question spécifique ci-dessous) mais rien ne permet d'affirmer que le SRAS-CoV-2 est un virus d'origine alimentaire ou qu'un quelconque type d'aliment constitue la source d'une infection par le SRAS-CoV-2.
Dans l'avis scientifique produit par l'Agence française de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), il est souligné qu'il n'existe aucune preuve que les aliments contaminés puissent entraîner une infection du tube digestif, bien que la possibilité d'une infection des voies respiratoires lors de la mastication ne puisse être totalement exclue.
Les aliments peuvent-ils être contaminés par le SRAS-CoV-2 ?
Lorsque les bonnes pratiques d'hygiène ne sont pas correctement suivies lors de la manipulation et de la préparation des aliments, la surface des aliments peut être contaminée - par exemple, via des gouttelettes infectieuses émises par une personne infectée (par exemple, en toussant, en éternuant, en parlant fort) ou par des aliments touchés par des mains contaminées. La contamination peut se produire sur les aliments et les surfaces utilisées pour la préparation des aliments (par exemple, les planches à découper) de la même manière que pour tout autre objet ou surface.
Le virus survit-il sur les aliments ?
Les virus ne peuvent pas se multiplier dans les aliments mais, dans certaines conditions, ils peuvent survivre sur les aliments.
Le virus survit-il dans les aliments pendant la réfrigération et la congélation ?
Des études en laboratoire ont montré que le SARS-CoV-2 restait stable à 4°C sur diverses surfaces pendant plusieurs jours et certains échantillons positifs ont été détectés dans des installations réfrigérées et des aliments de la chaîne du froid ou leur emballage. Cela suggère que le SARS-CoV-2 pourrait persister sur des produits réfrigérés ou congelés contaminés. Toutefois, aucun lien n'a été établi entre l'infection par le SRAS-CoV-2 et la consommation d'aliments.
Le virus survit-il dans les aliments pendant la cuisson ?
La cuisson à des températures suffisamment élevées, associée à l'application de bonnes pratiques d'hygiène, protège les consommateurs contre un large éventail d'infections d'origine alimentaire et permet également d’inactiver le SRAS-CoV-2 s'il est présent sur les aliments. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de bien cuire les aliments, en particulier la viande, la volaille, les œufs et les fruits de mer, et de porter à ébullition les aliments tels que les soupes et les ragoûts pour s'assurer qu'ils atteignent 70°C.
Le virus survit-il sur les emballages alimentaires et autres surfaces ?
Les preuves scientifiques montrent que les coronavirus peuvent persister dans l'environnement et sur différents types de surfaces susceptibles d'être en contact avec les aliments. Des recherches ont montré une persistance sur l'acier jusqu'à sept jours et sur le plastique et le verre jusqu'à quatre jours. D'autres surfaces ont également été étudiées, par exemple le cuivre, l'aluminium, le papier, le carton, le bois et le caoutchouc.
D'autre part, les coronavirus sont sensibles à, et inactivés par, certains agents biocides. Par exemple, les procédures de désinfection appliquant de l'éthanol à 62-71 %, de l'eau oxygénée à 0,5 % ou de l'hypochlorite de sodium à 0,1 % pendant une minute d'exposition sont considérées comme efficaces pour inactiver les coronavirus.
La persistance sur les emballages alimentaires ou sur d'autres matériaux n'implique pas que ces matériaux constituent une source d'infection. À l'heure actuelle, il n'existe aucune preuve de transmission du SRAS-CoV-2 via les emballages alimentaires ou d'autres matériaux.
Le SRAS-CoV-2 peut-il établir une infection intestinale et causer ensuite une infection par voie de transmission orale ?
Il existe des preuves expérimentales de l'établissement d'une infection intestinale humaine par le SRAS-CoV-2 mais il existe de nombreuses lacunes dans les connaissances, et les preuves directes de l'implication du tractus gastro-intestinal dans la pathogenèse du COVID-19 sont insuffisantes. Des études in vitro récentes (utilisant des cultures cellulaires et des organoïdes) ont montré la possibilité d'une infection intestinale par le SRAS-CoV-2. Cependant, l'utilisation de modèles animaux in vivo (y compris des primates non humains) a donné lieu à des preuves contradictoires.
Par exemple, dans une étude, des macaques exposés au SRAS-CoV-2 par voie intragastrique n'ont pas présenté de signes d'infection, alors que dans une deuxième étude récente, l'inoculation intragastrique a conduit à la détection d'ARN viral et/ou de virus infectieux dans de nombreux tissus et contenus gastro-entériques. Des limites demeurent quant à l'applicabilité directe à l'homme des résultats de ces expériences.
En résumé, bien que l'infection par le SRAS-CoV-2 par voie orale chez l'homme ne puisse être totalement exclue d'un point de vue théorique, de nombreuses incertitudes scientifiques demeurent et des preuves beaucoup plus solides sont nécessaires avant de tirer des conclusions définitives. Ces preuves concernent notamment la proportion de patients qui présentent des particules infectieuses dans leurs selles, la quantité de particules virales qui peuvent être présentes dans les selles des patients, le comportement du virus lorsqu'il est exposé à l'environnement gastrique et intestinal de l'homme et la quantité de virus nécessaire pour provoquer une infection chez l'homme.
Que peuvent faire les exploitants du secteur alimentaire pour protéger les consommateurs pendant la pandémie de SRAS-CoV-2 ?
Les exploitants du secteur alimentaire doivent appliquer scrupuleusement les mêmes principes et procédures que celles qui sont déjà en place dans l'UE pour garantir une production alimentaire sûre. En effet, des travailleurs en bonne santé et le respect des bonnes pratiques d'hygiène à tous les stades de la production, de la transformation et de la manipulation des aliments sont essentiels pour se protéger contre tous les agents microbiologiques responsables des infections alimentaires.