L'EFSA émet un avis sur la sécurité et l'apport nutritionnel du poisson sauvage et du poisson d'élevage

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié un avis sur les risques sanitaires liés à la consommation de poisson sauvage et de poisson d’élevage. Dans son avis, l’EFSA indique qu’il n’existe aucune différence significative entre le poisson sauvage et le poisson d’élevage en ce qui concerne la sécurité et la valeur nutritionnelle*. La consommation de poisson, en particulier de poisson gras, étant donné sa richesse en acides gras polyinsaturés n-3 à longue chaîne, est bénéfique non seulement pour le système cardio-vasculaire, mais également pour le développement fœtal. En général, les recommandations diététiques suggèrent la consommation hebdomadaire d’une à deux portions de poisson gras. C’est au cours de son développement précoce que l'homme connaît sa période de sensibilité la plus aiguë aux principaux contaminants, à savoir le méthylmercure et les composés de type dioxine. Par conséquent, les experts scientifiques conseillent, en particulier pour les groupes vulnérables comme les enfants à naître, les femmes enceintes et les femmes en âge de procréer, que les bénéfices nutritionnels de la consommation de poisson soient évalués par rapport aux risques éventuels liés à la présence de contaminants dans certains types de poissons.

D’une manière générale, les directives nutritionnelles concernant la consommation de poisson ne devraient pas conduire à une absorption de dioxines ou de biphényles polychlorés (PCB) de type dioxine susceptible de susciter des inquiétudes concernant la sécurité, à l’exception toutefois des poissons gras capturés dans la mer Baltique (par exemple le hareng et le saumon), pour lesquels les données disponibles relatives aux concentrations en contaminants justifient l'existence de recommandations plus spécifiques établies par les autorités de sécurité des aliments suédoise et finlandaise ** . Le groupe scientifique observe cependant que les conseils concernant la consommation de poisson doivent également prendre en compte d’autres sources de ces contaminants dans l’alimentation. En ce qui concerne le méthylmercure, les femmes consommant jusqu'à deux portions de poisson par semaine présenteront très peu de risques de dépasser les doses ingérées tolérables, à la condition que certains types de poissons prédateurs se trouvant au sommet de la chaîne alimentaire soient évités. Des orientations complémentaires concernant les types et les quantités de poisson convenant le mieux aux régimes alimentaires des consommateurs sont fournies par les autorités nationales de sécurité des aliments des États membres. Enfin, le groupe scientifique de l’EFSA sur les contaminants de la chaîne alimentaire recommande la mise au point d’une méthodologie cohérente et convenue pour la réalisation des évaluations quantitatives des risques et des avantages liés à la consommation alimentaire.

Le Parlement européen a demandé à l’EFSA d’évaluer les risques sanitaires liés à la consommation de poisson sauvage et de poisson d’élevage par l’homme, et d’y inclure une analyse de l’impact général et une évaluation des risques concernant la consommation de hareng de la Baltique. L’avis de l’EFSA porte plus particulièrement sur les métaux lourds et les contaminants organiques persistants les plus significatifs, c’est-à-dire le méthylmercure *** , les dioxines **** et les PCB de type dioxine ***** , mais il analyse également la valeur et les avantages nutritionnels de la consommation de poisson. Afin de réaliser cette évaluation nécessitant une expertise multidisciplinaire, l’EFSA a réuni un groupe de travail interdisciplinaire composé de membres des groupes scientifiques de l’EFSA suivants : le Groupe scientifique sur les contaminants de la chaîne alimentaire (CONTAM), le Groupe scientifique sur les produits diététiques, la nutrition et les allergies (NDA), le Groupe scientifique sur les additifs et produits ou substances utilisés en alimentation animale (FEEDAP), et le Groupe scientifique sur la santé animale et le bien-être des animaux (AHAW).

Le poisson représente un apport nutritionnel important au régime alimentaire constitué de protéines, d’acides gras (notamment des acides gras polyinsaturés n-3 à longue chaîne) ainsi que de quelques vitamines et minéraux. La consommation de poisson est bénéfique à la santé cardio-vasculaire, et elle peut également avoir une influence favorable sur le développement de l’enfant à naître. Les recommandations diététiques conseillent fréquemment une à deux portions (130 g par portion) de « poisson gras » (comme du hareng ou du saumon) par semaine, ou des quantités plus importantes de poisson maigre, afin d’atteindre des niveaux de consommation d’acides gras polyinsaturés n-3 à longue chaîne favorables à l’appareil cardio-vasculaire.

Pour évaluer la sécurité du poisson sauvage et du poisson d’élevage, le groupe CONTAM de l’EFSA a examiné un grand nombre de contaminants, et a conclu que les deux contaminants pour lesquels les gros consommateurs de poisson pouvaient dépasser la dose provisoire hebdomadaire tolérable (provisional tolerable weekly intake, PTWI) étaient les suivants :

 (i) le méthylmercure, qui se trouve à des concentrations élevées dans le thon et dans d’autres poissons prédateurs du sommet de la chaîne alimentaire principalement capturés dans le milieu sauvage, et
(ii) les dioxines et les PCB de type dioxine, qui se trouvent en concentrations plus élevées dans les poissons gras, par exemple le hareng et le saumon.

 Le méthylmercure est particulièrement toxique pour le système nerveux et le cerveau en développement. L’exposition au cours de la grossesse et de la petite enfance constitue par conséquent un problème particulier. Les femmes enceintes consommant jusqu’à deux portions de poisson par semaine présentent peu de risques de dépasser la dose provisoire hebdomadaire tolérable (provisional tolerable weekly intake, PTWI) de méthylmercure, à condition qu’elles ne consomment ni thon rouge ni thon albacore. (Il y a peu de risques que ces espèces se trouvent dans le thon en boîte commercialisé en Europe). Les autres poissons prédateurs du sommet de la chaîne alimentaire, notamment le makaire, le brochet, l’espadon et le requin, contiennent également souvent des concentrations élevées de méthylmercure. L’EFSA a déjà recommandé en mars 2004 ****** que les femmes en âge de procréer (en particulier celles désireuses d’être enceintes), les femmes enceintes et les femmes allaitant, ainsi que les jeunes enfants, sélectionnent les poissons qu’ils consomment parmi un grand nombre d’espèces sans donner une préférence excessive aux poissons situés au sommet de la chaîne alimentaire, notamment l’espadon et le thon.

Pour les dioxines et les PCB de type dioxine, un délai de plusieurs années serait nécessaire pour réduire les concentrations dans l’organisme humain. Il n’est par conséquent pas possible aux femmes souhaitant devenir enceintes de réduire ces concentrations sans exclure complètement les poissons (ainsi que les autres sources alimentaires éventuelles de dioxines et de PCB de type dioxine) de leur alimentation plusieurs années avant la conception. Cependant, les femmes qui consomment jusqu’à deux portions par semaine de poisson gras auront très peu de risques de dépasser la dose provisoire hebdomadaire tolérable pour les dioxines et les PCB de type dioxine, à la condition qu’elles prennent en compte les autres sources possibles de ces substances dans leur alimentation, afin de ne pas excéder la dose provisoire hebdomadaire tolérable.

L’avis de l’EFSA indique que les personnes consommant fréquemment des poissons gras issus de la mer Baltique, notamment le hareng de la Baltique et le saumon sauvage de la Baltique, courent davantage de risques de dépasser la PTWI pour les dioxines et les PCB de type dioxine que les autres consommateurs de poisson gras. En moyenne, le hareng de la Baltique et le saumon sauvage de la Baltique sont respectivement 3,5 fois et 5 fois plus contaminés par les dioxines et les PCB de type dioxine que le hareng et le saumon d’élevage ne provenant pas de la Baltique. Des conseils spécifiques concernant la consommation de poissons de la Baltique, qui prennent en compte ces taux de contamination plus élevés, sont fournis par les autorités nationales de la sécurité des aliments en Suède et en Finlande.

Les recommandations relatives à la consommation de poisson doivent prendre en compte l’exposition alimentaire totale aux contaminants les plus importants, en se basant sur les habitudes nationales de consommation. Des orientations concernant les types et les quantités de poisson convenant le mieux aux régimes alimentaires des consommateurs sont fournies par les autorités nationales de la sécurité des aliments des États membres. Les facteurs susceptibles d’affecter les taux des contaminants se trouvant dans le poisson sont les suivants : l’espèce ; le stade de développement et l’alimentation des poissons ; la saison ; et le lieu de capture. Ces taux varient de manière considérable au sein d’une même espèce et entre les espèces, que ce soit pour le poisson sauvage ou pour le poisson d’élevage. En se basant sur les données disponibles, aucune différence significative entre les concentrations en nutriments et les taux de contamination n’a été mise en évidence entre le poisson sauvage et le poisson d’élevage. Chez le poisson d’élevage, l’huile et la farine de poisson sont les sources les plus importantes de contaminants organiques, et les différentes possibilités permettant de réduire les taux de contaminants dans l’alimentation distribuée aux poissons doivent faire l’objet d’investigations complémentaires. Pour ce qui concerne le poisson sauvage, la seule action possible est le contrôle à long terme des émissions de polluants dans l’environnement.

Le poisson, qu’il soit sauvage ou d’élevage, a sa place dans un régime alimentaire bien équilibré, et, d’une manière générale, aucune différence significative entre le poisson sauvage et le poisson d’élevage n’a été mise en évidence quant à leur sécurité pour le consommateur.

Pour obtenir des informations complémentaires sur l’avis scientifique du groupe CONTAM sur la sécurité du poisson sauvage et du poisson d’élevage, référez-vous à la note d’information ci-jointe.

Note d’information sur l’évaluation par l’EFSA des risques liés à la sécurité du poisson sauvage et du poisson d’élevage (Question N° EFSA- Q-2004-23)

1. Quels types de poissons l’EFSA a-t-elle pris en considération dans le cadre de son évaluation des risques ?

Dans le cadre de cette évaluation des risques, le groupe scientifique sur les contaminants de la chaîne alimentaire a pris en considération les principales espèces de poisson présentes sur le marché de l’Union européenne (UE) : le hareng, le saumon, le thon, la truite arc-en-ciel, la carpe, l’anchois, le maquereau et la sardine.

2. Est-il sain de manger du poisson ?

Le poisson contribue de manière non négligeable à une alimentation saine car il contient des protéines, des acides gras (tels les acides gras polyinsaturés n-3 à longue chaîne (AGP-LC n-3)), ainsi que certaines vitamines et certains minéraux (vitamines A, B12 et D, iode et sélénium). Il est possible d’obtenir rapidement une concentration importante d’AGP-LC n-3 en mangeant du poisson gras ou du poisson maigre en plus grande quantité. Par conséquent, les personnes qui ne consomment pas de poisson atteignent difficilement la dose journalière d’AGP-LC n-3 recommandée pour le bon fonctionnement du système cardio-vasculaire et le développement foetal.

Le poisson peut cependant aussi favoriser de manière significative une exposition alimentaire à certains contaminants comme le méthylmercure, les dioxines et les PCB, les ignifuges bromés, et les composés de l'organotine et du camphéchlore. La concentration de ces contaminants dans le poisson varie en fonction de la nature du contaminant et du type de poisson. C’est surtout dans les poissons gras, comme le saumon et le hareng, que l’on trouve les contaminants liposolubles (tels que les dioxines et composés de type dioxine). Toutefois, les concentrations en méthylmercure ne sont pas tributaires de la teneur en matière grasse du poisson, mais en raison de l’accumulation de cette substance dans la chaîne alimentaire, le méthylmercure est présent en plus grandes quantités dans les grands poissons prédateurs se trouvant au sommet de la chaîne alimentaire (comme l’espadon et le thon).

Les gros consommateurs de poissons prédateurs du sommet de la chaîne alimentaire tels que le brochet ou le thon (plus particulièrement le thon rouge ou le thon albacore qu’il est peu probable de trouver sous forme de conserves en boîte en Europe) peuvent dépasser la dose provisoire hebdomadaire tolérable (provisional tolerable weekly intake, PTWI) de méthylmercure. Les gros consommateurs de poissons gras peuvent dépasser la dose provisoire hebdomadaire tolérable de dioxines et composés de type dioxine.

Mais il convient de garder à l’esprit qu’il existe d’autres sources alimentaires de contaminants liposolubles. Les gros consommateurs de viande courent eux aussi le risque de dépasser la dose provisoire hebdomadaire tolérable de dioxines et composés de type dioxine, et ce quelle que soit leur consommation de poisson. Par conséquent, le remplacement du poisson par la viande n’aura pas pour effet inéluctable de réduire l’exposition alimentaire à ces contaminants.

L’absorption par la consommation de poisson de contaminants autres que le méthylmercure et les dioxines et PCB ne donne pas lieu à des inquiétudes sur le plan sanitaire. Le poisson ne favorise pas de manière significative l’exposition alimentaire totale à ces contaminants, et, le cas échéant, il est fort peu probable que même les gros consommateurs de poisson dépassent les doses tolérables (pour autant que celles-ci aient été déterminées).

3. Convient-il de manger du poisson juste avant ou pendant la grossesse ?

Le méthylmercureest particulièrement toxique pour le système nerveux et le cerveau en développement. L’exposition durant la grossesse et la petite enfance est donc un motif de préoccupation. Le méthylmercure est éliminé par l’organisme de manière naturelle, mais plusieurs mois sont nécessaires pour que son niveau baisse. Il semble que les concentrations en méthylmercure soient moins élevées dans le thon en boîte que dans le thon frais en raison des différentes espèces et/ou de la taille des poissons utilisés.

Il est peu probable qu’une femme enceinte consommant jusqu’à deux portions de poisson par semaine dépasse la dose provisoire hebdomadaire tolérable de méthylmercure, pour autant que l’une de ces deux portions ne soit pas du thon rouge ou du thon albacore. Sur le marché de l’UE, il est peu probable de trouver de telles espèces dans le thon en boîte. D’autres poissons prédateurs du sommet de la chaîne alimentaire tels que le makaire, le brochet, l’espadon et le requin contiennent fréquemment des concentrations élevées en méthylmercure. Les autorités nationales de sécurité des aliments des États membres émettent des recommandations alimentaires plus spécifiques concernant la consommation de poisson.

Les dioxines et les composés de type dioxineaffectent en particulier le développement du système reproductif mâle ; la période pendant laquelle l’enfant à naître est exposé par le biais de sa mère, durant la grossesse, est dès lors la plus critique. Les dioxines et les composés de type dioxine qui s’accumulent dans les tissus adipeux se caractérisant par des demi-vies de longue durée, l’organisme a besoin de beaucoup de temps pour éliminer ces substances. Par conséquent, la concentration présente dans l’organisme ou « charge corporelle » pendant la grossesse n’est pas déterminée par la consommation de dioxines au moment de l’analyse, mais par l’accumulation des consommations précédentes pendant de nombreuses années.

Le poisson gras (comme le saumon et le hareng) est plus riche en contaminants tels que les dioxines et les composés de type dioxine, que le poisson maigre.

Une femme enceinte qui mange jusqu’à deux portions de poisson gras (hareng ou saumon ne provenant pas de la Baltique) par semaine ne dépassera pas la dose provisoire hebdomadaire tolérable de dioxines et composés de type dioxine, ceci ne devant pas remettre en cause la nécessité de tenir compte d’autres sources d’exposition alimentaire.

Dans un précédent avis scientifique paru en mars 2004, l’EFSA recommandait aux femmes en âge de procréer (et en particulier à celles ayant l’intention de contracter une grossesse), aux femmes enceintes et allaitantes et aux jeunes enfants de consommer une grande variété d’espèces de poissons, sans prédilection pour les poissons prédateurs se trouvant au sommet de la chaîne alimentaire, comme l’espadon ou le thon.  (EFSA provides risk assessment on mercury in fish: precautionary advice given to vulnerable groups) . Ce conseil reste d’actualité et il convient de le mettre en application pour la sélection d’une ou deux portions de poisson par semaine, ration recommandée pour une alimentation saine. Les autorités nationales de sécurité des aliments des États membres émettent des recommandations complémentaires concernant la consommation de poisson.

4. Pourquoi le poisson de la Baltique fait-il l’objet d’une attention particulière?

La mer Baltiqueest fortement polluée par diverses substances, notamment les dioxines et PCB. Bien que toute la lumière n’ait pas été faite sur les causes de cette pollution, on considère que les activités industrielles du passé et le degré élevé de rétention des eaux de la Baltique ont pu jouer un rôle important. Le degré de contamination des poissons de la Baltique a diminué au cours des trente dernières années, mais il est aujourd’hui en stagnation. Le hareng de la Baltique contient en moyenne 3,5 fois plus de dioxines et composés de type dioxine qu’un hareng d’une quelconque autre mer. Le saumon sauvage de la Baltique est environ 5 fois plus contaminé par les dioxines et composés de type dioxine qu’un saumon d’élevage.

Par conséquent, la consommation de hareng ou de saumon de la mer Baltique plus d’une fois par semaine expose davantage au risque de dépasser la dose provisoire hebdomadaire tolérable. Des recommandations spécifiques ont été émises au niveau national, notamment en Suède et Finlande, et ce plus particulièrement à l’attention des filles car les dioxines et composés de type dioxine subsistent longtemps dans l’organisme et peuvent avoir des effets sur la concentration présente dans l’organisme féminin pendant la grossesse et dans le lait maternel (pour les mères pratiquant l’allaitement).

5. Quelles sont les espèces de poissons d’élevage ?

Si le nombre de prises diminue au sein de l’UE, la consommation de poissons a augmenté d’au moins un point de pourcentage par an au cours des dix dernières années. Cette évolution de la demande des consommateurs s’explique principalement par la disponibilité accrue de poissons d’élevage provenant tant de l’UE que d’ailleurs. Il est toutefois à noter que la consommation de poisson sauvage représente deux tiers de la consommation totale de poisson. Les poissons faisant essentiellement ou exclusivement l’objet d’élevage sont le saumon, la truite arc-en-ciel et la carpe. Les poissons sauvages sont le hareng, l’anchois, le maquereau et la sardine.

6. Est-il préférable de consommer du poisson d’élevage ou du poisson sauvage ?

En termes de sécurité et d’apport nutritionnel, il n’y a pas de différence constante entre les poissons sauvages et les poissons d’élevage (sauf en ce qui concerne le saumon de la Baltique, puisque les saumons d’élevage de la Baltique sont moins contaminés que ceux pêchés en mer). L'espèce, la saison, la localisation, l'alimentation, le stade de développement et l’âge ont un impact prépondérant sur les taux de nutriments du poisson, mais également sur les concentrations de contaminants. Ces concentrations varient de façon importante au sein de l'espèce et entre les espèces, tant pour le poisson sauvage que pour le poisson d'élevage.

7. Le poisson européen est-il davantage contaminé que le poisson nord-américain ?

Les auteurs d’un document scientifique publié il y a un an environ et d’une note de suivi rédigée en mai dernier (Hites et.al., 2004 Foran et.al., 2005) ont évoqué l’idée que le saumon nord-américain était moins contaminé que le saumon européen. Toutefois, ils n’ont pas pris en considération certaines variantes importantes telles que la saison, la localisation, l'alimentation du poisson, le stade de développement et l’âge. Si ces variantes étaient incluses dans les paramètres de l’étude, il ne serait pas possible d’établir l’existence de différences concordantes concernant les concentrations de contaminants entre les poissons européens et les poissons nord-américains, même pour le saumon.

Références :

Hites R.A., Foran J.A., Carpenter D.O., Hamilton M.C., Knuth B.A., Schwager S.J. (2004).

Global Assessment of Organic Contaminants in Farmed Salmon Science, 303: 226-229.

USDA National Nutrient Database for Standard Reference

Foran J.A., Carpenter D.O., Hamilton M.C., Knuth B.A., Schwager S. J. (2005). Risk-based consumption advice for farmed Atlantic and wild Pacific salmon contaminated with dioxins and dioxin-like compounds. Environmental health perspectives 113: 552-556.

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*Cette évaluation est basée sur les données disponibles, mais il est nécessaire de développer des méthodes standardisées pour l'échantillonnage afin d'améliorer les comparaisons entre le poisson sauvage et d'élevage.

*** Le méthylmercure(MeHg) est la forme principale du mercure présente dans le poisson, et la forme la plus toxique de mercure provenant de l'alimentation pour la santé humaine. Il provient essentiellement de l'activité microbienne qui s'exerce sur le mercure présent dans la mer.

**** Les « dioxines » peuvent être divisées en deux types principaux : les PCDD (polychlorinated dibenzo-p-dioxins,dibenzo-p-dioxines polychlorées) et les PCDF (polychlorinated dibenzo-p-furans, dibenzo-p-furannes polychlorés).

***** Les PCB de type dioxine sont des biphényles polychlorés (polychlorinated biphenyls, PCB), qui ont le même mode d'action que les dioxines.

****** EFSA provides risk assessment on mercury in fish: precautionary advice given to vulnerable groups