Revisiting EFSA@EXPO: Comment faire évoluer l’évaluation des risques environnementaux?

L’évaluation des risques environnementaux (ERA) est un élément important pour maintenir un environnement sain et préserver la biodiversité. L'évaluation des risques environnementaux est devenue indispensable à la prise de décision réglementaire et, dans ce contexte, ce travail a pour objectif d’évaluer les effets indésirables potentiels de certains facteurs de stress réglementés – tels que des plantes génétiquement modifiées, des pesticides ou des additifs alimentaires – sur l'environnement. Que peut-on faire pour faire progresser l'évaluation des risques environnementaux ? Les scientifiques qui sont intervenus lors de la session en sous-groupe sur ce sujet à la conférence scientifique de l'EFSA en octobre dernier ont partagé leurs idées et suggéré des voies possibles.

Un meilleur cadrage de l’évaluation des risques environnementaux

Pour planter le décor, Alan Gray, du Centre pour l’écologie et l’hydrologie du Royaume-Uni, a présenté un aperçu des progrès récents et des défis importants qui subsistent dans ce domaine. L'évaluation des risques environnementaux ayant évolué d'une approche fondée sur la science à une approche fondée sur les politiques, une formulation robuste du problème est devenue la première étape importante dans le processus d'évaluation. Ce concept a conduit à mieux cadrer l’évaluation des risques environnementaux, en abordant des questions moins nombreuses mais plus essentielles.

Identifier des objectifs de protection spécifiques et opérationnels 

Que voulons-nous protéger ? Où s'applique cette protection ? Et pour combien de temps ? Les réponses semblent faciles: tout, partout, toujours. Mais, comme le souligne  Lorraine Maltby de l'Université de Sheffield au Royaume-Uni,  ces réponses ne sont pas réalistes. Nous devons développer un cadre transparent et robuste pour nous aider à décider ce que nous voulons protéger et où. En d'autres termes, nous avons besoin d'objectifs de protection spécifiques et opérationnels.

Utiliser des «services écosystémiques» pour nous aider à protéger la biodiversité

Les termes « services écosystémiques » sont utilisés pour décrire les nombreuses façons dont nous bénéficions de l'environnement. Glenn Suter de l'Agence de protection de l’environnement aux États-Unis, nous explique que l'utilisation de ce terme a contribué à rendre la protection de l’environnement plus pertinente pour les citoyens. Il a également contribué à une meilleure communication avec les décideurs politiques et les parties prenantes sur les risques écologiques. Dans son exposé, il a utilisé des études de cas pour illustrer le concept de services écosystémiques et comment ce concept peut être utilisé pour préserver la biodiversité.

Répondre aux questions qui nécessitent une réponse

Une évaluation rigoureuse du risque environnemental commence par une bonne formulation du problème. Cette première étape comprend l'identification des objectifs politiques, de la portée et des critères  de l’évaluation. La formulation du problème clarifie ce qui est connu,  les informations manquantes et les incertitudes scientifiques susceptibles de limiter l'évaluation des risques. Joe Smith, un conseiller indépendant auprès du gouvernement australien, a déclaré qu'une bonne formulation du problème aide les évaluateurs des risques et les régulateurs à s’assurer qu’ « ils   répondent aux questions qui doivent être résolues ».

Quels sont les ingrédients nécessaires à une bonne évaluation des risques environnementaux?

Jörg Romeis, de l'Institut des sciences de développement durable en Suisse, a une réponse : Nous avons besoin d'études fiables produisant des données fiables. Les études destinées à tester les hypothèses de risque environnemental devraient être rigoureuses, objectives et conformes aux normes de qualité. Cela permet d’augmenter la confiance vis à vis des résultats et étaye la certitude par rapport aux conclusions tirées. Des études de haute qualité facilitent la reproductibilité et accroissent l'acceptation, ce qui bénéficie aux autorités réglementaires dans leur travail.

Rendre l’évaluation des risques environnementaux plus contextuelle

La nécessité de rendre l'évaluation des risques environnementaux plus contextuelle a résonné tout au long de la session. Le champ d'application des évaluations des risques environnementaux devrait être plus large et envisager des scénarios plus réalistes. Qu'est-ce que cela signifie ? Habituellement, l'évaluation des risques environnementaux aborde des produits réglementés spécifiques de façon isolée. Mais une telle approche ne tient pas compte de la multitude des facteurs de stress présents dans différents environnements. Le dernier orateur de la session, Jeff Pettis du Laboratoire de recherche apicole USDA-ARS des États-Unis, a utilisé les abeilles comme étude de cas pour illustrer comment de multiples facteurs de stress multiples peuvent être évalués.

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