Les agences de l'UE rendront un avis sur les risques associés à la phénylbutazone dans la viande de cheval

Nouvelle
7 mars 2013

La Commission européenne a invité l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et l'Agence européenne des médicaments (EMA) à réaliser une évaluation conjointe des risques pour la santé humaine associés à la présence de résidus d’anti-inflammatoire phénylbutazone dans la viande de cheval. Cette demande fait suite à l'identification récente de produits à base de viande bovine contaminés par de la viande de cheval, et à la découverte de phénylbutazone – également connue sous le nom de «bute» – dans un petit nombre de carcasses de cheval destinées à la chaîne d’approvisionnement alimentaire.

Les agences de l'UE formuleront un avis scientifique d'ici le 15 avril 2013 afin de contribuer à instruire les décisions de la Commission européenne en ce qui concerne ces observations récentes.

Pour réaliser leur évaluation conjointe des risques, les deux agences se baseront sur toutes les preuves scientifiques disponibles et prendront en considération les données et les résultats issus des tests actuellement effectués sur la viande de cheval dans les États membres lorsque ceux-ci seront rendus disponibles.

L’EFSA et l’EMA formuleront dans une déclaration commune un avis sur tout risque potentiel pour les consommateurs lié à la présence de résidus de phénylbutazone dans la viande de cheval. À cet égard, les agences se pencheront tant sur le risque posé par la consommation de viande de cheval en soi que sur le risque associé à d’autres produits illégalement contaminés par de la viande de cheval. Les agences ont été invitées à recommander, le cas échéant, si des mesures de contrôle additionnelles seraient nécessaires pour minimiser tout risque identifié.

La phénylbutazone est parfois utilisée dans des médicaments à usage humain pour traiter certaines affections inflammatoires sévères pour lesquelles aucun autre traitement n'est jugé adapté. En médecine vétérinaire, son utilisation est autorisée dans certains États membres pour soulager la douleur et réduire les inflammations chez des animaux non producteurs de denrées alimentaires (chiens, chevaux de sport).

L’utilisation de phénylbutazone n’est pas autorisée pour le traitement d’animaux destinés à la chaîne d’approvisionnement alimentaire humaine ; toute présence de cette substance dans des aliments d'origine animale résulte donc d’une utilisation illégale de carcasses de chevaux traités.


Notes aux éditeurs:

Le 21 février, la Commission européenne a adopté un plan coordonné de contrôle en matière de pratiques frauduleuses dans la commercialisation de produits à base de viande bovine. Celui-ci prévoit notamment un programme de tests destinés à détecter la phénylbutazone dans la viande de cheval, qui prévoit le prélèvement d’un échantillon pour 50 tonnes de viande de cheval. Chaque État membre est tenu de réaliser un minimum de cinq essais, dont les résultats doivent être transmis régulièrement à la Commission.

L'EFSA publie un rapport annuel présentant une synthèse des données de surveillance fournies par les États membres sur la présence de résidus de médicaments à usage vétérinaire et de certaines autres substances chez les animaux vivants et dans les produits d’origine animale au sein de l'Union européenne. Ce rapport contient des informations sur la présence de résidus de phénylbutazone dans la viande de cheval.

L'Autorité entreprend actuellement des travaux scientifiques majeurs destinés à étayer la proposition de modernisation du système d'inspection des viandes en Europe. L'EFSA a déjà publié des avis scientifiques sur les dangers en matière de santé publique qui devront être abordés par les services d’inspection pour la viande de volaille et la viande de porc. En juin 2013, l’Autorité produira un avis similaire sur l’inspection de la viande de cheval.

Dans le contexte général de la sécurité des aliments en UE, l’EMA fournit à la Commission européenne des recommandations sur des niveaux sûrs (limites maximales de résidus) de résidus de médicaments vétérinaires dans les produits alimentaires d’origine animale.

L’EMA a évalué la phénylbutazone en 1997 dans le but d’établir des limites maximales de résidus (LMR) et elle a conclu que les données disponibles ne permettaient pas de formuler de recommandations pour établir des LMR. Par conséquent, l’utilisation de la phénylbutazone n’est pas autorisée chez les animaux producteurs de denrées alimentaires.

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