L’EFSA évalue différentes options de contrôle des norovirus dans les huîtres

Nouvelle
17 janvier 2012

Le groupe scientifique de l’EFSA sur les dangers biologiques (groupe BIOHAZ) conclut dans son évaluation des risques que les mesures les plus efficaces en matière de santé publique pour protéger les consommateurs d’une exposition aux norovirus présents dans les huîtres consistent à produire celles-ci dans des zones qui ne sont pas contaminées ou à prévenir la contamination des zones de production des mollusques. Les méthodes actuelles[1] utilisées pour éliminer les norovirus dans les coquillages ne constituent pas des mesures efficaces pour réduire la contamination. Le groupe recommande d’établir des limites acceptables en ce qui concerne la présence de ces virus dans les huîtres qui sont récoltées et mises sur le marché dans l’Union européenne. De plus, une étude de référence sur les norovirus dans les huîtres devrait être menée à l’échelle de l’UE pour obtenir des informations sur l’exposition globale du consommateur ainsi que sur l'impact des mesures de contrôle sur la santé publique.

Les norovirus, que les médias appellent parfois «les gastroentérites virales de l'hiver», sont la principale cause de gastroentérite aiguë en Europe, souvent responsable de diarrhées et de vomissements. Le virus est transmis par la consommation d'aliments ou d’eau contaminés par des matières fécales ou, plus fréquemment, par contact de personne à personne ou par contact avec des surfaces infectées. Les mollusques bivalves[2], tels que les huîtres et les pétoncles, constituent une source bien documentée d’infection puisqu'elles peuvent accumuler et concentrer les particules virales. Les huîtres contaminées par des norovirus présentent un risque particulier pour la santé humaine car elles sont souvent consommées crues.

Le groupe BIOHAZ de l’EFSA conclut que les norovirus sont fortement infectieux et que la quantité de virus détectée dans les huîtres liées à des cas d’infection humaine peut être très variable. Les scientifiques soulignent qu’il est fréquent de détecter en Europe des norovirus dans des huîtres qui sont pourtant conformes aux normes de contrôle actuelles de l'UE relatives aux mollusques bivalves.

L’EFSA a évalué les méthodes de détection et les options de contrôle pour les norovirus dans les huîtres. L’évaluation portait sur l’utilisation d’une technique (la méthode PCR[3]) déjà appliquée à d’autres coquillages pour détecter et quantifier les norovirus dans les huîtres, sur la possibilité de définir un niveau de présence du virus dans les huîtres peu susceptible de présenter un risque pour les consommateurs, ainsi que sur les options de contrôle possibles après récolte. Le groupe considère que la méthode PCR convient pour détecter et quantifier les norovirus dans les huîtres, pour peu que des mesures d’assurance qualité appropriées soient mises en place.

Selon le groupe scientifique, les méthodes actuellement utilisées pour éliminer les norovirus dans les coquillages devraient être améliorées. Le groupe préconise, conformément à ses recommandations générales antérieures concernant les virus d’origine alimentaire, que les mesures visant à réduire les norovirus dans les huîtres se concentrent sur la prévention de la contamination initiale plutôt que sur des tentatives d’éliminer les virus dans des denrées alimentaires déjà contaminées.

L’avis recommande aux gestionnaires des risques d’envisager d’établir une limite acceptable pour les norovirus dans les huîtres destinées à être récoltées et mises sur le marché dans l'UE. L’établissement de critères microbiologiques globaux contribue à instaurer des limites acceptables et permet notamment de déterminer les méthodes analytiques, les plans d’échantillonnage et les mesures à adopter si les critères ne sont pas respectés. De tels critères peuvent être utiles pour vérifier la conformité aux principes HACCP (Hazard Analysis and Critical Control Point – analyse des risques et maîtrise des points critiques) et pourraient être utilisés comme moyens de contrôle supplémentaires dans les zones de production et pendant les étapes de transformation et de vente au détail.

Les scientifiques recommandent en outre la réalisation d’une étude de référence à l'échelle de l'UE sur la contamination des huîtres par les norovirus, afin d'estimer l'exposition globale du consommateur. Une telle étude fournirait également des informations qui pourraient servir à évaluer l’impact sur la santé publique des mesures de contrôle mises en place au fil du temps.


Notes aux éditeurs:

Dans l’Union européenne, la protection des eaux conchylicoles comprend actuellement une combinaison d’études environnementales de la zone entourant les bassins de production associées à la surveillance de la contamination de l’eau par des matières fécales humaines, en recherchant dans les mollusques bivalves les niveaux d’E. coli supérieurs à une limite prédéfinie. Toutefois, il est fréquent de détecter des norovirus dans des huîtres qui respectent par ailleurs les normes de contrôle des mollusques bivalves. À ce jour, il n’a pas été possible d’établir des critères permettant la réouverture de zones de production de coquillages fermées suite à la détection de foyers épidémiques de norovirus, ce qui complique la tâche des autorités nationales lorsqu’elles doivent prendre de telles décisions.

Dans ce contexte, l’autorité irlandaise de sécurité des aliments a demandé à l’EFSA de réaliser cette évaluation des risques afin d’émettre des avis sur la possibilité de définir une limite acceptable pour les norovirus dans les huîtres, cette limite pouvant servir de base scientifique à la réouverture des zones de production.

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[1] Les mesures de contrôle et de purification actuellement utilisées sont le traitement thermique, la dépuration (immersion des coquillages dans des cuves d’eau de mer propre) et le reparcage (déplacement des coquillages de zones contaminées vers des zones salubres).
[2] Les mollusques bivalves sont des mollusques d'eau de mer ou d'eau douce qui ont une coquille constituée de deux moitiés reliées l’une à l’autre par une charnière. Ce groupe comprend entre autres les praires, les huîtres, les pétoncles, et les moules.
[3] L’approche actuelle utilisée pour la détection des norovirus dans les coquillages bivalves est fondée sur la méthode de réaction en chaîne de la polymérase après transcription inverse en temps réel (rRT-PCR).