Avis du groupe scientifique sur les additifs alimentaires, les arômes, les auxiliaires technologiques et les matériaux en contact avec les aliments à la demande de la Commission concernant les para hydroxybenzoates (E 214-219)

doi:10.2903/j.efsa.2004.83
  EFSA Panel on Food Additives, Flavourings, Processing Aids and Materials in Contact with Foods (AFC) Panel Members R. Anton, S. Barlow, D. Boskou, L. Castle, R. Crebelli, W. Dekant, K.-H Engel, S. Forsythe, W. Grunow, J. Ireland, J.C. Larsen, C. Leclercq, W. Mennes, M.-R. Milana, I. Pratt, I. Rietjens, K. Svensson, P. Tobback, F. Toldrá.
Type: Opinion of the Scientific Committee/Scientific Panel Question number: EFSA-Q-2004-063 Adopted: 13 July 2004 Published: 28 September 2004 Last updated: 01 December 2004. This version replaces the previous one/s.
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Summary

Résumé

Le groupe scientifique sur les additifs alimentaires, les arômes, les auxiliaires technologiques et les matériaux en contact avec les aliments (groupe scientifique AFC) a été saisi d’une demande d’avis, avant le 1er juillet 2004, sur la sécurité de l'utilisation des parabens (E 214-219) dans les aliments.

Le Comité scientifique de l'alimentation (Scientific Committee on Food, SCF) de la Communauté européenne a déjà procédé à l'évaluation des parabens en 1994 et a défini une dose journalière admissible (DJA) provisoire de 0 à 10 mg/kg de poids corporel, totalisant les esters de l'acide para-hydroxybenzoïque (ou esters de méthyle, d'éthyle, de propyle) et leurs sels sodiques. La DJA temporaire était fondée sur des études à long terme chez le rat avec du méthyl paraben, de l'éthyl paraben et du propyl paraben. Un caractère provisoire a été conféré à cette DJA parce que le SCF a considéré que les informations toxicologiques disponibles présentaient quelques insuffisances et incertitudes. Le SCF a par conséquent demandé une nouvelle étude de tératogénicité par voie orale chez le rat en utilisant soit l'acide p-hydroxybenzoïque libre, soit son ester méthylique, éthylique ou propylique ainsi qu'une étude de prolifération cellulaire chez le rat sur la base de l'ester propylique de l'acide p-hydroxybenzoïque administré en solution. En 2000, le SCF a réitéré son souhait de réexaminer la sécurité des parabens et lors de sa dernière réunion en avril 2003, le SCF a noté qu'aucune donnée à l'appui des parabens n'a été présentée par l'industrie alimentaire et a attiré l'attention sur le fait que dans sa déclaration d'octobre 2000, il était indiqué que la DJA provisoire devrait être retirée si aucune donnée supplémentaire n'était présentée.

Le SCF avait précédemment demandé une étude de tératogénicité par voie orale chez le rat. Le groupe scientifique AFC a évalué les résultats d'études récemment disponibles concernant la toxicité du méthyl paraben sur le développement chez le rat, la souris, le hamster et le lapin qui n'étaient pas à la disposition du SCF lorsque celui-ci a formulé sa demande d'étude de tératogénicité. Aucune preuve de toxicité sur le développement, à toutes les doses et jusqu'au doses les plus fortes testées de 300 (lapin) ou de 500 mg/kg par poids corporel/jour (rongeurs), n'a été observée. Le groupe scientifique AFC a conclu qu'aucune donnée supplémentaire concernant la toxicité sur le développement n'était nécessaire.

Le groupe scientifique a également réévalué les effets de prolifération des parabens sur les cellules de la partie antérieure de l'estomac chez le rat et a conclu que les effets de prolifération ne se produiront qu'à partir d'un certain seuil et que l'exposition humaine résultant de l'utilisation des parabens comme agents conservateurs dans les aliments sera bien inférieure à de telles doses.

Par conséquent, le groupe scientifique a considéré que l'étude qui avait été demandée auparavant par le SCF sur la prolifération cellulaire chez le rat dans le cas de l'ester propylique de l'acide p-hydroxybenzoïque administré en solution n'était plus nécessaire.

Plusieurs parabens ont montré une activité oestrogénique in vitro. Cependant, aucune activité œstrogène n'a pu être détectée in vivo pour le méthyl paraben, l'éthyl paraben et le propyl paraben au cours d'essais utérotrophiques classiques sur la base d'administrations, perorale ou sous-cutanée, de fortes doses à des souris et des rats. Un effet utérotrophe in vivo a été observé après l'injection sous-cutanée de butyl paraben ou d'isobutyl paraben, qui ne sont pas utilisés comme additifs alimentaires. Le métabolite commun des parabens, l'acide p-hydroxybenzoïque, a été considéré comme non-oestrogénique.

Selon des observations, l'administration de propyl paraben dans le régime alimentaire du jeune rat mâle pendant quatre semaines réduirait la production spermatique journalière dans les testicules chez tous les groupes ayant reçu des doses, y compris les doses les plus faibles de 10 mg/kg poids corporel/jour. A des doses plus fortes, des numérations réduites de cellules spermatiques, une altération de la spermatogénèse et des concentrations plus faibles en testostérone ont été également observés. Par conséquent, 10 mg/kg poids corporel/jour a été considérée comme une Dose Minimale induisant un Effet Nocif Observé (LOAEL, lowest observed adverse effect level) pour le propyl paraben. Par contraste, le méthyl paraben et l'éthyl paraben n'ont pas présenté d'effets sur les hormones sexuelles et les organes reproducteurs mâles chez les jeunes rats à des doses atteignant jusqu'à 1000 mg/kg de poids corporel/jour. Par conséquent, 1000 mg/kg poids corporel/jour a été considérée comme une Dose Sans Effet Nocif Observé (NOAEL, no observed adverse effect level) pour le méthyl paraben et l'éthyl paraben.

Le groupe scientifique a défini une DJA groupée de 0 à 10 mg/kg de poids corporel pour la somme des esters méthyliques et éthyliques de l'acide p-hydroxybenzoïque ainsi que leurs dérivés sodiques, sur la base de Doses Sans Effet Nocif Observé (NOAELs) de 1000 mg/kg de poids corporel/jour pour chaque composé dans des études de toxicité à long terme et des études sur les hormones sexuelles et les organes reproducteurs mâles chez les jeunes rats. Le groupe scientifique a considéré que le propyl paraben ne devrait pas être inclus dans cette DJA groupée parce que le propyl paraben, contrairement au méthyl paraben et à l'éthyl paraben, exerce des effets sur les hormones sexuelles et les organes reproducteurs mâles des jeunes rats.

Le groupe scientifique n'est pas en mesure de recommander une DJA pour le propyl paraben en raison de l'absence de Dose Sans Effet Nocif Observé (NOAEL) claire.

Keywords

para-Hydroxybenzoic acid alkyl esters, parabens, food additive, preservative