Avis du groupe scientifique AHAW pour une revue de synthèse relative à la maladie de Newcastle et en particulier la vaccination au niveau mondial en vue de déterminer son utilisation optimale pour lutter contre la maladie
The Scientific Panel on Animal Health and Welfare (AHAW) wishes to thank the working group for preparing the scientific report. The working group was chaired by Frank Koenen on behalf of the AHAW Panel. The members of the working group were: Per Have, Mo Salman, Guus Koch, Sabine Hutter, Thierry van den Bergh, Christian Grund, Calogero Terregino, Gyorgi Czifra, Richard Gough, Poul Henrik Jørgensen and two experts nominated by EMEA: Carmen Jungbäck and Hok Liang Oei.
Acknowledgment
In accordance with the provisions of Article 30 of the Regulation 178/2002 and Article 59 of Regulation 726/2004, the European Food Safety Agency (EFSA) involved the European Medicines Agency (EMEA) in the preparation of this report in order to avoid divergence between the opinions of their scientific committees. The Panel for Animal Health and Welfare (AHAW) of the EFSA is very grateful for the constructive input of the Committee for Medicinal Products for Veterinary Use (CVMP) of the EMEA in this report.
Dennis Alexander is gratefully acknowledged for valuable comments and suggestions.
The AHAW Panel also would like to thank the International Federation for Animal Health Europe (IFAH) for the cooperation given in order to retrieve the latest updates on ND vaccines from manufacturer Companies.
No abstract available
Résumé
Dans la perspective d'une révision des règles communautaires relatives à la lutte contre la maladie de Newcastle, fixées dans la directive 92/66/CEE du Conseil, la Commission Européenne a demandé à l'EFSA de réaliser une revue actualisée de l’ensemble des connaissances relatives à cette maladie d'une importance majeure pour les volailles et les autres oiseaux, portant sur la définition, le rôle des pigeons et autres espèces aviaires dans la dissémination de la maladie de Newcastle, et les vaccins utilisés. Si aucune évaluation des risques n'a été demandée, la réalisation d’un examen des données disponibles a en revanche été obligatoire pour évaluer les stratégies actuelles de vaccination.
Le groupe de travail a accepté que le rapport soit en partie consacrée aux connaissances scientifiques actuellement disponibles et à l’analyse des données épidémiologiques fournies par le système de notification des maladies animales (SNMA) (Direction Générale «Santé et protection des consommateurs» de la Commission Européenne, DG SANCO), la base de données HANDISTATUS II (Organisation Mondiale de la Santé Animale, OIE) et les données provenant du laboratoire de référence de l'Union Européenne (Veterinary Laboratory Agency, VLA, Weybridge), en prenant en considération le mandat spécifié ci-dessus. L'évaluation des vaccins et des programmes de vaccination a été effectuée en étroite coopération avec l'EMEA, qui a délégué deux représentants dans le groupe de travail.
Le Comité Scientifique Santé et Bien-être Animal de l'EFSA a fait le point sur la maladie de Newcastle conformément au mandat qui lui a été confié et a défini les conclusions et recommandations principales suivantes :
Dans l’actuelle directive communautaire (92/66/CEE), la maladie de Newcastle est définie comme une infection des volailles provoquée par un paramyxovirus aviaire de type 1 (APMV-1) qui présente un indice de pathogénicité intracérébrale (IPIC) de 0,7 ou plus, chez le poulet d'un jour (Gallus gallus). Le Comité Scientifique ne dispose d’aucun élément scientifique permettant de recommander une modification de la définition de la maladie de Newcastle, afin d'y inclure des virus dont l’IPIC serait inférieur à 0,7. La maladie de Newcastle doit être définie comme une infection des volailles et autres oiseaux élevés en captivité par un APMV-1 répondant aux critères établis par le Comité Scientifique Santé et Bien-être des Animaux (CSBBA) en 1998, autorisant le séquençage du site de clivage du gène F en supplément de l’IPIC. L'utilisation des tests permettant de déterminer l’IPIC, entre autres pour des raisons de bien-être, doit être limitée aux situations dans lesquelles la présence de multiples acides aminés basiques au niveau du C-terminal de la protéine F2 et de F (phénylalanine) au niveau du résidu 117 de la protéine F1 n'a pas été démontrée. Il est recommandé, dans la perspective d'une révision de la directive pour le contrôle de la maladie de Newcastle, que les mêmes définitions soient utilisées pour les volailles et les oiseaux élevés en captivité, que celles stipulées dans la directive 2005/94, relative à la lutte contre l’influenza aviaire. En outre, la future directive pour la maladie de Newcastle devra définir ce que l’on entend par pigeon de course.
Les mesures de biosécurité constituent la barrière la plus efficace pour prévenir l'introduction, la transmission et la dissémination de la maladie de Newcastle. La prévention des cas secondaires peut être obtenue par bioconfinement. Le risque majeur de dissémination de la maladie de Newcastle à partir d’un cas diagnostiqué résulte du déplacement de volailles ou autres oiseaux vivants, ainsi que le transfert mécanique du virus résultant de l'ensemble des activités humaines par : les véhicules, les containers et les cages, ainsi que l’ensemble des équipements d'élevage.
Outre les mesures de biosécurité, la vaccination peut être un outil efficace de lutte contre la maladie ; son utilisation dans des conditions suboptimales peut cependant engendrer une aggravation de l'infection jusqu’à un niveau endémique. Les programmes de vaccination optimaux doivent permettre de prévenir ou de réduire la transmission et la dissémination. L’immunité optimale du groupe n’est toutefois atteinte qu’après un certain délai après vaccination. Actuellement, des vaccins à virus inactivés ou vivants sont disponibles, et ont reçu une autorisation sans restriction. Aucun vaccin n’est autorisé pour les espèces secondaires. Les vaccins actuels ne permettent pas d'établir une différenciation entre les réponses sérologiques au vaccin et au virus présent sur le terrain, dans les programmes de surveillance de la maladie de Newcastle. Par conséquent, le développement de vaccins DIVA (sigle anglais pour «différenciation entre animaux infectés et vaccinés») et de kits de diagnostic DIVA correspondants doit être plus largement encouragé. Cependant, compte tenu de la très grande efficacité et du faible coût de production des vaccins actuellement autorisés, des incitations (communautaires, nationales) devraient être proposées pour favoriser la recherche et faciliter l'autorisation de vaccins et de kits de diagnostic DIVA.
Les pigeons sont considérés comme un réservoir d’un APMV-1 spécifique, dénommé paramyxovirus de type 1 variant pigeon (PPMV-1), qui est un virus virulent de la maladie de Newcastle, mais qui nécessite des mesures de contrôle différentes de celles définies dans la directive 92/66/CEE. Les pigeons de course et les oiseaux utilisés comme gibier ont des contacts étroits avec les oiseaux féraux et sauvages, et présentent par conséquent un risque plus élevé d'être infectés que les oiseaux confinés à l'intérieur.
L’excrétion du virus sans signe clinique patent après guérison est possible. Une excrétion virale particulièrement longue sans expression de la maladie a été démontrée chez des gibiers d’eau et des perroquets. La majorité des isolats d’APMV-1 provenant des gibiers d'eau sauvages sont des pathotypes moins virulents. Des études ont été effectuées afin de déterminer si des souches d’APMV-1 moins virulentes présentes chez les oiseaux sauvages pouvaient éventuellement évoluer en formes virulentes, lorsque qu'elles étaient introduites chez les volailles domestiques.
Le diagnostic clinique doit être confirmé par des analyses biologiques. Des tests moléculaires et des isolements viraux doivent dans la mesure du possible être effectués en parallèle, même si les tests moléculaires donnent une indication de la virulence du virus. Pour les cas diagnostiqués, il est essentiel que les tests moléculaires positifs soient confirmés par un isolement viral ; un examen qui peut être différé, mais qui doit être réalisé. Toutes les méthodes utilisées pour la caractérisation génétique doivent être standardisées ou au minimum harmonisées au sein de l'Union Européenne (UE) et entre les laboratoires accrédités afin d'assurer une comparabilité et une fiabilité des résultats.
Le Comité Scientifique a conclu, d'après l'analyse des données disponibles, que ni les données de l’OIE, ni celles de l’UE n’étaient suffisantes pour aboutir à des conclusions scientifiques sur les effets de la vaccination, dans la mesure où l'objectif du recueil de ces données se situe au-delà de la simple détermination de l'efficacité des mesures préventives.
Les systèmes de surveillance des oiseaux sauvages et des volailles domestiques, ainsi que les systèmes d’alerte précoce basés sur l’observation des signes cliniques présentés par les volailles, qui ont été développés pour l’influenza aviaire, pourraient être utilisés pour évaluer le statut des volailles en termes d'infection par les APMV-1 (conformément à la directive 2005/94/CE du Conseil), ainsi que pour étudier l'incidence des virus APMV-1 chez les oiseaux sauvages et les autres espèces de volailles. Dans les pays pratiquant la vaccination, un système de contrôle sérologique pour la maladie de Newcastle, similaire à celui mis en œuvre pour l’influenza aviaire, ne présente qu'un intérêt limité car les tests actuels ne permettent pas de discriminer entre les groupes d’animaux infectés et ceux qui sont vaccinés (DIVA). Même lorsqu'une sérologie de type DIVA est utilisée pour dépister une infection chez des animaux vaccinés, le virus doit être isolé et une discrimination doit être effectuée entre les isolats virulents et non virulents, notamment les virus vaccinaux.
Afin d'obtenir des informations complémentaires sur la prévalence des APMV-1, des études à long terme pourraient permettre une analyse plus détaillée de l'évolution du virus. Le groupe scientifique recommande vivement la mise en place de systèmes de recueil de données et de contrôle de la maladie de Newcastle centralisés, qui devraient être harmonisés dans l’UE et mis à disposition à des fins de recherche. Ces études à long terme permettraient de prévoir: a) une augmentation de la pression infectieuse, et b) l'émergence de nouvelles souches virulentes, qui pourraient constituer une menace éventuelle pour les volailles, et elles contribueraient à déterminer le moment opportun pour la mise en œuvre d'une stratégie vaccinale.
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