Rapport du groupe scientifique sur les contaminants de la chaine alimentaire suite a une demande de la Commission europeenne relative aux alcaloïdes pyrrolizidine en tant que substances indesirables dans l’alimentation animale
Jan Alexander, Guðjón Atli Auðunsson, Diana Benford, Andrew Cockburn, Jean-Pierre Cravedi,
Eugenia Dogliotti, Alessandro Di Domenico, María Luisa Férnandez-Cruz, Johanna Fink-
Gremmels, Peter Fürst, Corrado Galli, Philippe Grandjean, Jadwiga Gzyl, Gerhard Heinemeyer,
Niklas Johansson, Antonio Mutti, Josef Schlatter, Rolaf van Leeuwen, Carlos Van Peteghem,
Philippe Verger.
Acknowledgment
The Scientific Panel on Contaminants in the Food Chain wishes to thank Christer Andersson,
Leon Brimer, Bruce Cottrill, Johanna Fink-Gremmels, Jerzy Jaroszewski, Merijn Roos and Hilmer
Soerensen for the preparation of the draft opinion.
No abstract available
Résumé
Le terme alcaloïdes pyrrolizidine (AP) fait référence à un groupe constitué de plus de 350 composés ayant comme structure de base commune l’une des quatre bases de nécine suivantes : platynécine, rétronécine, héliotridine et otonécine. Les AP, présents dans le monde entier, sont les métabolites secondaires de plus 6 000 végétaux appartenant aux familles des Boraginaceae, Compositae (Asteraceae) et Leguminosae (Fabaceae). Les caractéristiques des AP sont très variables en fonction des végétaux et dépendent de l’espèce végétale, des conditions climatiques, de la période d’échantillonnage et de la partie de la plante analysée. Les alcaloïdes de base semblent s’accumuler dans les graines, tandis que les N-oxydes correspondants sont surtout présentes dans les parties vertes du végétal. Les AP font partie des toxines naturelles les plus répandues parmi la faune et le bétail. En revanche, parmi les animaux d’élevage il est rare de rencontrer des intoxications aiguës dues aux AP étant donné que les animaux évitent les végétaux contenant des AP s’ils disposent d’autres aliments. Néanmoins, ce constat ne s’applique pas au fourrage de conserve, comme l’ensilage et le foin.
Les intoxications aiguës dues aux AP se caractérisent par une hépatotoxicité et une nécrose hémorragique du foie. Une exposition prolongée à ces AP provoque une mégalocytose hépatique, une occlusion veineuse du foie et, dans une moindre mesure, des poumons, une prolifération de l’épithélium du tractus biliaire, une dégénérescence sous forme de stéatose hépatique et une cirrhose du foie.
L’apparition des premiers symptômes cliniques est souvent retardée et l’exposition n’est reconnue qu’en cas d’altération significative du foie. L’hépatotoxicité progressive est associée à l’activation métabolique de l’alcaloïde parent dans les alcaloïdes déshydropyrroles qui sont des alcoylants fortement réactifs. Au contraire, la transformation en N-oxydes constitue une voie commune de détoxification. Les caractéristiques structurelles comme le degré d’estérification et la nature des groupes ester déterminent le degré de bioactivation envers les pyrroles toxiques ; les différences d’expression des enzymes impliquées dans la biotransformation semblent expliquer la sensibilité variable des différentes espèces aux alcaloïdes pyrrolizidine. À ce jour, les données relatives aux animaux d’élevage ne permettent pas de définir de niveaux de tolérance pour chaque AP dans l’alimentation animale.
Chez l’homme, les AP provoquent principalement une maladie veino occlusive (MVO) du foie. En dépit du caractère endémique de la MVO au cours du siècle écoulé dans certaines régions géographiques de l’Amérique du sud, on manque de preuves épidémiologiques sur les cancers induits par les alcaloïdes chez l’homme. Les inquiétudes toxicologiques relatives à l’exposition humaine potentielle aux alcaloïdes pyrrolizidine sont fondées sur les résultats d’importantes études réalisées sur les rongeurs indiquant le potentiel cancérogène de cette classe de composés et sur les études in vitro qui ont démontré de façon convaincante, lors de plusieurs essais biologiques sur des modèles de rongeurs, que les métabolites déshydropyrroliques des AP peuvent former des adducts d’ADN, des doubles liaisons d’ADN et des doubles liaisons protéine ADN et entraîner une génotoxicité et une mutagénicité.
Les études consacrées au transport des AP depuis les aliments pour bétail jusqu’aux tissus comestibles des animaux d’élevage ont mis en évidence l’excrétion limitée, comprise entre 0,04 et 0,08 % de la dose ingérée, des AP dans le lait des vaches laitières (et des brebis allaitantes). On manque de preuves expérimentales sur le taux d’élimination des AP dans les œufs, mais les études de marché réalisées en Australie indiquent la présence de certains AP dans les œufs. Aucun résidu n’a été identifié dans d’autres tissus animaux. La contribution des résidus dans les tissus issus d’animaux à l’exposition humaine est faible ; néanmoins, le miel, dans lequel des résidus d’AP sont régulièrement identifiés, mérite une attention toute particulière.
Opinion of the Scientific Panel CONTAM related to pyrrolizidine alkaloids as undesirable substances in animal feed

