Avis du groupe scientifique "Santé et Bien-être Animal" [AHAW] concernant l’évaluation du risque d’introduction d’échinococcose au Royaume-Uni, en Irlande, en Suède, à Malte et en Finlande suite à l’abandon de réglementations nationales
Bo Algers
Christine Müller-Graf
Daniel Guémené
David B. Morton
Dirk Udo Pfeiffer
Donald Maurice Broom
Frank Koenen
Harry J. Blokhuis
James Michael Sharp
Jörg Hartung
Mariano Domingo
Marion Wooldridge
Martin Wierup
Matthias Greiner
Moez Sanaa
Mo Salman
Patricia Costa
Per Have
Philippe Vannier
Trevor Stewart Hastings
Acknowledgment
The Panel wishes to thank Marion Wooldridge and Moez Sanaa, members of the AHAW Panel for
their support and thorough review to the risk assessment. The Panel also wishes to thank Mike Taylor
(Central Veterinary Laboratory, UK) for the support provided on the later stages of the drafting of the
opinion.
No abstract available
Resumé
Le règlement (CE) n° 998/2003[1] établit les règles concernant les mouvements des animaux de compagnie (chien, chats, furets), à des fins autres que commerciales, à la fois entre les États membres de l’Union Européenne et en provenance de pays tiers. Le Royaume-Uni, l’Irlande et Malte ont conservé leur réglementation nationale en matière de contrôle de l'échinococcose et des tiques, alors que la Suède et la Finlande ont maintenu leur réglementation nationale sur le contrôle de l’échinococcose. Les dérogations accordées seront examinées à l’issue d’une période transitoire de 5 ans, sur la base d’un rapport scientifique examinant la nécessité pour ces pays de conserver des exigences supplémentaires. Le risque d’introduction d’Echinococcus multilocularis résultant de mouvements d’animaux de compagnie, dans les États membres qui en sont exempts, si les mesures en vigueur sont abandonnées, est évalué dans ce rapport.
Les métacestodes d’E. multilocularis sont adaptés aux petits rongeurs, généralement des espèces d’Arvicolidae. Les canidés qui chassent ces rongeurs, par exemple les renards (Vulpes spp., Alopex lagopus) et les coyotes (Canis latrans), sont les principales espèces infectées, en tant qu’hôtes terminaux par E. multilocularis. L’homme peut être accidentellement infecté (hôte cul-de-sac) en ingérant des œufs de ténia excrétés par ces hôtes terminaux. La maladie qui en résulte, l’échinococcose alvéolaire (EA), se présente typiquement sous la forme d'une tumeur infiltrante dans le foie, dont l’issue est incertaine. Les chiens et chats domestiques peuvent aussi être infectés, mais la prévalence est également limitée.
Le parasite est présent chez le renard, en Europe Centrale, vers le Nord, jusqu’au Danemark, les Pays-Bas et la Belgique, vers l’Est, jusqu’aux pays Baltes et la Slovaquie, vers le Sud, jusqu’au nord-est de l’Italie et la Hongrie, et vers l’Ouest, jusque dans le centre de la France. Il semble que la densité parasitaire augmente dans de nombreuses régions. Cet état de fait résulte probablement de l’augmentation de la population de renards, couplée à son adaptation aux environnements urbains. Les cas d’infection de carnivores domestiques par E. multilocularis semblent rares mais peuvent néanmoins jouer un rôle clé dans la transmission à l’homme, en raison des contacts étroits. L’évaluation de la prévalence d’E. multilocularis chez les carnivores domestiques a fait l’objet d’un nombre limité d’études. En Europe, le faible taux d’infection des chiens est probablement du à un faible taux d’exposition au parasite, associé à la pratique régulière de vermifugations chez les animaux domestiques. Chez l’homme, les données indiquent une augmentation sensible des cas d’EA.
Chez l’hôte terminal, le praziquantel et l’epsiprantel peuvent être utilisés pour traiter efficacement une infection par E. multilocularis. Ces deux molécules n’ont pas d’effet secondaire et sont bien tolérées par les chiens et chats, par contre, aucun de ces produits n'est ovicide. La durée de l’effet antiparasitaire est limitée (environ 24 heures) et une réinfection après traitement est possible. En raison de cette absence d’effet ovicide, les animaux de compagnie infectés, traités au praziquantel et avec l’epsiprantel peuvent en outre être porteurs d’œufs de ténia infectieux, pendant plusieurs heures après le traitement.
Les données relatives à la prévalence ou à l’incidence des infections par E. multilocularis chez les animaux de compagnie sont limitées, en particulier pour ceux qui doivent être déplacés vers une zone considérée comme exempte de ce parasite. De ce fait, il a été considéré que seule une évaluation qualitative du risque était pertinente.
L’évaluation du risque a permis de conclure que la probabilité que des chiens et chats soient infectés par E. multilocularis, en tant qu’hôtes terminaux, dans les régions où il est endémique, (n’est pas négligeable. La prévalence au sein des populations locales d’animaux sauvages et la possibilité d’avoir des contacts avec des hôtes intermédiaires influencent le risque d’infection chez les animaux de compagnie, dont les chiens (n’est il pas un animal de compagnie ???). En conséquence, une certaine proportion des chiens et chats déplacés depuis une zone où l’E. multilocularis est endémique, vers un pays considéré comme exempt sera infectée. L’abandon des mesures supplémentaires accroît donc le risque d’introduction du parasite dans une zone considérée comme exempte d’E. multilocularis.
Après un examen attentif des trois protocoles de traitement actuellement en usage respectivement, au Royaume-Uni, en République d’Irlande et à Malte, en Finlande et en Suède, il a toutefois été conclu que la probabilité de réinfection dans le pays d’origine et d’élimination des œufs viables dans le pays d’importation est négligeable, si un traitement adéquat, par praziquantel et avec l’epsiprantel , est administré dans un délai de 24 à 48 heures avant départ.
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