Avis du groupe scientifique sur les contaminants de la chaîne alimentaire [CONTAM] concernant le composes cyanogenetiques en tant que substances indesirables dans les aliments pour animaux

doi:10.2903/j.efsa.2007.434
  EFSA Panel on Contaminants in the Food Chain Panel Members Jan Alexander, Guðjón Atli Auðunsson, Diane Benford, Andrew Cockburn, Jean-Pierre Cravedi, Eugenia Dogliotti, Alessandro Di Domenico, Maria Luisa Férnandez-Cruz, Peter Fürst, Johanna Fink-Gremmels, Corrado Lodovico Galli, Philippe Grandjean, Jadwiga Gzyl, Gerhard Heinemeyer, Niklas Johansson, Antonio Mutti, Josef Schlatter, Rolaf van Leeuwen, Carlos Van Peteghem, Philippe Verger. Acknowledgment The Scientific Panel on Contaminants in the Food Chain wishes to thank Hans Christer Andersson, Leon Brimer, Bruce Cottrill, Johanna Fink-Gremmels, Jerzy Jaroszewski and Hilmer Soerensen for the preparation of the draft opinion.
Type: Opinion of the Scientific Committee/Scientific Panel Question number: EFSA-Q-2003-064 Adopted: 23 November 2006 Published: 13 February 2007 Last updated: 13 February 2007. This version replaces the previous one/s.
Abstract

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Summary

Resumé

L’acide cyanhydrique (HCN) est formé à la suite de l’hydrolyse enzymatique des glucosides cyanogénétiques, qui sont produits en tant que métabolites secondaires par plusieurs espèces de plantes. Dans la plante intacte, ces composés cyanogénétiques sont stockés séparément des enzymes hydrolytiques. Le broyage des matières végétales, que ce soit par des procédés techniques ou par la mastication des animaux, met fin à cette séparation, provoquant le début de l’hydrolyse enzymatique des composés cyanogénétiques, ce qui entraîne la formation de HCN. L’hydrolyse à l’origine de la libération du HCN peut également être réalisée par les microorganismes situés dans le tube digestif.
Les glucosides cyanogénétiques sont très répandus parmi les végétaux. Parmi les aliments pour animaux qui contiennent des glucosides cyanogénétiques, on trouve généralement le lin (lin cultivé), la racine de manioc et les parties vertes des variétés de sorgho. Le lin est présent dans les aliments pour animaux principalement sous la forme de tourteaux d’extraction ou de tourteaux de pression, les deux étant des produits dérivés de la production d’huile de lin. La même règle s’applique aux graines des différentes variétés de Prunus, dont les tourteaux de pression ou d’extraction sont utilisés pour nourrir les animaux. Les racines de manioc sont généralement transformées en cossettes, qui sont exportées en Europe comme aliment pour les cochons.
En fonction du pH, le HCN peut également être présent sous la forme de l'anion cyanure. Le HCN et le cyanure sont tous deux toxiques pour toutes les espèces animales. L’exposition au HCN peut entraîner des intoxications aiguës mortelles. Plus fréquemment, cependant, on observe des intoxications chroniques, caractérisées par des troubles de la croissance et des symptômes neurologiques résultant de lésions tissulaires dans le système nerveux central. Les ruminants, chez qui la flore du pré-estomac contribue à l’hydrolyse des glucosides cyanogénétiques, sont considérés comme plus vulnérables à de tels composés que les animaux monogastriques et l’homme. Cela entraîne une prévalence plus élevée des cas cliniques d’intoxication chez les ruminants à la suite d’une exposition aux glucosides cyanogénétiques.
Il n’existe aucune étude expérimentale systématique sur le passage de cyanure ou de ses précurseurs dans les produits comestibles tels que la viande, les abats et les œufs. Des résidus cyanogénétiques ont été retrouvés dans le foie d’une chèvre morte d’une intoxication. Cependant, si l’animal n’est pas intoxiqué par l’acide cyanhydrique, en s’appuyant sur des considérations cinétiques et sur un processus métabolique classique de dégradation du cyanure, on peut s’attendre à ce que les niveaux dans la viande ou les œufs destinés à la consommation humaine soient très faibles chez tous les animaux producteurs de denrées alimentaires. Le passage de résidus cyanogénétiques dans le lait a été démontré chez les animaux intoxiqués. En se basant sur des considérations similaires à celles ci-dessus, les niveaux attendus devraient être très faibles.

De bonnes pratiques agricoles et de fabrication lors de la préparation des aliments pour animaux peuvent éviter des intoxications cliniques et sous-cliniques chez les animaux. Le groupe scientifique a noté qu’il était nécessaire d’obtenir plus de données sur la toxicologie et sur la présence de glucosides cyanogénétiques dans les produits d’alimentation animale. Le groupe scientifique a également identifié la nécessité de recourir à des méthodes analytiques récentes pour déterminer le potentiel cyanogénétique total.

Keywords

Opinion of the scientific panel on contaminents in the food chain on a request from the commission related to cyanogenic compounds as undesirable substances in animal feed.