Avis du groupe scientifique sur les produits diététiques, la nutrition et les allergies [NDA] relatif à l’évaluation des aliments allergéniques à des fins d’étiquetage
Wulf Becker, Daniel Brasseur, Jean-Louis Bresson, Albert Flynn, Alan A. Jackson, Pagona
Lagiou, Geltrude Mingrone, Bevan Moseley, Andreu Palou, Hildegard Przyrembel, Seppo
Salminen, Stephan Strobel and Hendrik van Loveren.
Acknowledgment
The Scientific Panel on Dietetic Products, Nutrition and Allergies wishes to thank Martinus
Løvik, Elide Pastorello, Martin Stern, and Jean-Michel Wal for their contributions to the draft opinion.
No abstract available
Résumé
Parmi les réactions indésirables aux aliments figurent les réactions d’origine immunitaire et les réactions d’origine non-immunitaire. Les allergies alimentaires englobent les réactions d’origine immunitaire aux aliments, médiées soit par les anticorps IgE soit par d’autres voies immunologiques. L’intolérance alimentaire englobe les réactions d’origine non immunitaire dépendantes de déficits enzymatiques, de réactions pharmacologiques ou, dans la majorité des cas, de mécanismes inconnus.
La législation de l’UE a récemment fait l’objet d’une modification en ce qui concerne l’étiquetage des aliments, afin d’assurer que les dérogations à la déclaration obligatoire des ingrédients alimentaires ne puissent s’appliquer aux ingrédients susceptibles d’induire des allergies alimentaires et/ou des intolérances alimentaires (annexe IIIa de la directive 2003/89/CE ). Cette mesure concerne les céréales contenant du gluten, les crustacés, les oeufs, le poisson, les cacahuètes, le soja, le lait et les produits laitiers y compris le lactose, les noix, les graines de sésame, le céleri, la moutarde et les sulfites à des concentrations égales ou supérieures à 10 mg/kg.
A la lumière des récents développements scientifiques survenus dans ce domaine et de l’avis antérieur du Comité Scientifique de l’Alimentation Humaine (CSAH) relatif aux « réactions contraires aux denrées alimentaires et aux ingrédients des denrées alimentaires» formulé en 1995, l'Autorité européenne de sécurité des aliments est priée de conseiller la Commission sur les points suivants: 1) La base scientifique étayant, à des fins d'étiquetage, l’identification des aliments, composants et ingrédients alimentaires qui induisent des allergies alimentaires et des intolérances alimentaires; et 2) La possibilité d’établir des seuils ou d’identifier d’autres éléments (y compris le traitement des aliments) permettant d'établir qu’un composant alimentaire ou un ingrédient alimentaire n’est plus susceptible d’induire des réactions indésirables.
De manière générale, on peut affirmer que tous les allergènes et leurs produits dérivés tels que mentionnés dans la liste peuvent provoquer des effets nocifs sur la santé et, dans certains cas, l’exposition à ceux-ci peut être fatale. Il s’agit des allergènes alimentaires les plus courants qui résistent généralement au traitement des aliments et sont capables de déclencher une réaction chez un consommateur allergique s’ils sont ajoutés aux aliments. Parmi ces
allergènes, certains sont largement répandus à travers toute l’Europe, tandis que d’autres, la moutarde et le céleri notamment, sont davantage limités à certaines zones géographiques. Cette liste doit être révisée à la lumière de l’évolution des pratiques alimentaires et de l’apparition de nouvelles observations cliniques et d’autres types d’informations scientifiques.
Il existe une grande variabilité dans la sensibilité des différents individus allergiques en ce qui concerne la dose d’allergènes nécessaire pour déclencher une réaction. Par ailleurs, pour des raisons d'ordre éthique, les individus extrêmement sensibles ne sont souvent pas testés de manière appropriée lorsqu’il s’agit d’établir des seuils. Les informations disponibles sont donc insuffisantes pour permettre de tirer des conclusions définitives quant à la dose la plus élevée qui ne provoquerait aucun effet indésirable. Ainsi, aucun système d’évaluation du risque basé sur l’évaluation d’une dose sans effet indésirable (No Observed Adverse Effect Level, NOAEL) n’est actuellement applicable.
Le traitement technologique peut influencer l’allergénicité des aliments, tout comme la matrice alimentaire dans laquelle les allergènes sont présentés au consommateur. En outre, des individus allergiques à un même aliment peuvent réagir à différents composants de l’aliment en question. Les données disponibles n’indiquent pas que le traitement des aliments influence de manière prévisible l’allergénicité. De même, l’influence de la matrice alimentaire ne peut être prévue.
Pour réduire au maximum les risques pour le consommateur, il est souhaitable de rechercher des traces d’allergènes alimentaires potentiels dans les aliments. Toutefois, si des tests sensibles destinés à l’analyse de certains allergènes dans les aliments commencent à être utilisés et sont commercialement disponibles, des problèmes importants subsistent encore, liés notamment aux facteurs suivants: extraction insuffisante, limites de détection en dehors des limites de sensibilité clinique, spécificité insuffisante en raison de la présence de réaction croisée et reproductibilité interlaboratoire insuffisante.
La possibilité que des dérivés particuliers des allergènes alimentaires mentionnés à l’annexe IIIa de la directive soient peu susceptibles de déclencher une réaction allergique doit être évaluée au cas par cas.
Opinion of the Scientific Panel on Dietetic Products, Nutrition and Allergies on a request from the Commission relating to the evaluation of allergenic foods for labelling purposes

