Avis du groupe scientifique sur les additifs alimentaires, les arômes, les auxiliaires technologiques et les matériaux en contact avec les aliments [AFC] concernant le semicarbazide (SEM) dans les aliments

doi:10.2903/j.efsa.2005.219
  EFSA Panel on Food Additives, Flavourings, Processing Aids and Materials in Contact with Foods (AFC) Panel Members R. Anton, S. Barlow, D. Boskou, L. Castle, R. Crebelli, W. Dekant, K.-H. Engel, S. Forsythe, W. Grunow, M. Heinonen, J.-C. Larsen, C. Leclercq, W. Mennes, M.-R. Milana, I. Pratt, I. Rietjens, K. Svensson, P. Tobback, F. Toldrá.
Type: Opinion of the Scientific Committee/Scientific Panel Question number: EFSA-Q-2003-235 Adopted: 21 June 2005 Published: 30 June 2005 Last updated: 04 July 2006. This version replaces the previous one/s.
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Summary

Résumé

Le groupe scientifique sur les additifs alimentaires, les arômes, les auxiliaires technologiques et les matériaux en contact avec les aliments a été chargé de conseiller la Commission européenne sur la présence de semicarbazide (SEM) dans les aliments. En 2003, au moment de la première indication de la présence de SEM dans des aliments, l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) a émis un avis préliminaire sur la présence de SEM provenant des matériaux en contact. A cette occasion le groupe a été chargé de collecter des données sur la présence de SEM dans tous les types d’aliments, d’expliquer les conditions dans lesquelles le SEM peut se former dans les aliments et d’évaluer les méthodes d’analyse utilisées. En la lumière de cette information, le groupe a eu pour mission d’évaluer les risques posés par le semicarbazide dans tous les types d’aliments. Pour aborder cette question, le groupe a choisi d’examiner la littérature scientifique et de prendre en compte les informations de la Commission, des autorités nationales et des associations professionnelles.

Il a été conclu que le SEM était présent dans différents types de denrées alimentaires selon l'origine de la substance. Le SEM est un métabolite du nitrofurazone mais l’usage de ce médicament vétérinaire étant illégal dans l’UE, aucun SEM de cette origine ne devrait être détecté dans les aliments. Le SEM peut être présent dans les aliments, en particulier les aliments pour bébé, en raison de sa migration à partir des joints d'étanchéité utilisés dans les couvercles métalliques des bouteilles et des pots en verre. En l’occurrence, le SEM est le résultat de la dégradation thermique de l’azodicarbonamide, un agent gonflant utilisé pour l’expansion des joints en plastique. Le semicarbazide a été détecté dans des produits alimentaires à base de farine, dans lesquels l’azodicarbonamide était utilisé comme agent de conditionnement de la pâte – une pratique interdite dans l’UE. D’autres origines sont envisagées, mais sont moins bien documentées. Le semicarbazide serait un produit de réaction résultant de l’attaque, par l’hypochlorite, d’additifs alimentaires comme le carraghénane et de denrées alimentaires comme le blanc d'œuf en poudre. Enfin, le semicarbazide peut être naturellement présent à des taux résiduels (de fond), se former en petites quantités lors du séchage de certains aliments, ou encore provenir de sources inconnues à ce jour.

La méthode d’analyse utilisée pour tester la présence de SEM dans les aliments fait appel à une hydrolyse acide et à une dérivatisation au 2-nitrobenzaldéhyde. Le dérivé est alors déterminé par chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse avec un seuil de détection d’environ 0,2 a μg/kg. L’hydrolyse acide libérant les résidus liés, la méthode d’analyse permet de mesurer la quantité totale de SEM («libre» et «lié») dans l’échantillon. Les conditions d’hydrolyse acide de la méthode d'analyse ne diffèrent pas des conditions gastriques normales. Compte tenu de l’état incomplet des connaissances actuelles sur la biodisponibilité des résidus liés, aucune distinction n’est faite dans cette analyse entre le SEM présent en tant que tel dans un échantillon alimentaire et le SEM pouvant s’être formé à partir de précurseurs présents dans les aliments dans certaines conditions acides reproduites dans l’analyse. Il est conclu que la méthode de recherche du SEM permet d’obtenir des données de concentration satisfaisantes pour cette évaluation des risques.

D’après les informations disponibles, la migration du SEM à partir des produits de dégradation de l’azodicarbonamide (ADC) dans les joints est de loin la source d’exposition la plus importante connue. Les données de concentration, à partir de l’analyse de produits, disponibles pour différents pays sont similaires. L’ingérence potentiel le plus élevé du SEM est chez les nourrissons consommant du lait maternisé prêt à l'emploi et des aliments pour bébé, ce qui est attribuable à leur poids corporel plus petit et à une surface de contact plus grand entre le produit et les joints d'étanchéité dans ces emballages. Des hypothèses de consommation prudentielles mais raisonnable pour des nourrissons consommant des aliments et des boissons conditionnés en pots et bouteilles en verre varient entre 0.35 et 1.4 µg/kg bw/day.

L’exposition de l’adulte au SEM est susceptible d’être beaucoup plus faible que celle du nourrisson, en raison d’une plus faible proportion d'aliments conditionnés en bouteilles et pots dans l’alimentation totale chez l’adulte, de taux de contamination plus faibles provenant de surfaces de contactes plus faibles entre produit et joint dans ce type de conditionnement, et du poids corporel plus élevé chez l’adulte. Sur base d’une hypothèse de consommation prudentielle mais raisonnable, l’ingérence pour un adulte avec un poids corporel de 60 kg s’élèverait à 0.02 µg/kg bw/day.

La directive 2004/1/CE de la Commission interdit l’utilisation d’azodicarbonamide (ADC) dans les matériaux en contact avec les denrées alimentaires à compter du 2 août 2005. Une fois les stocks d’aliments conditionnés écoulés, l’exposition des consommateurs par ce biais aura été éliminée.

D’autres sources possibles de SEM dans les aliments contribuent à l’exposition dans une bien moindre mesure que le conditionnement, pour lequel les estimations figurent ci­dessus. Le pain fabriqué à partir de farine traitée à l’ADC peut contenir du SEM. Lors de tests de laboratoire, la concentration en SEM dans le pain était de 28 μg/kg. L’ADC n’est pas autorisé comme agent de traitement de la farine dans l’Union européenne, et l’importation de pain et de produits de boulangerie est normalement très faible. Il existe un risque d'exposition provenant des produits panés d’origine animale importés par l’Union européenne (par ex. les produits panés et congelés à base de poisson ou de poulet). En prenant une valeur supérieure de 5 μg/kg de produit indiquée dans l’étude de Pereira et al (2004), cela donnerait un apport de SEM de 1 μg/personne pour une consommation de 200 g de produit.

Pour un grand consommateur de produits à base d’œufs pouvant être contaminés par 50 μg/kg de SEM suite à l’utilisation d’hypochlorite comme solution de nettoyage des équipements de production, l’estimation prudentielle mais raisonnable de l’exposition est de 0,008 μg/kg de poids corporel/jour dans le pire des cas. Pour l’additif alimentaire carraghénane qui peut être contaminé par du SEM suite à l’utilisation de l’hypochlorite dans le procédé de production, si la consommation devait atteindre la DJA totale pour le carraghénane et si la totalité de cet additif alimentaire contenait du SEM à une concentration moyenne de 65 μg/kg, l’apport de SEM via cette source pourrait s’élever à 0,005 μg/kg de poids corporel/jour.

Il s’avère que le SEM est carcinogène chez la souris, mais pas chez le rat. Les données publiées dans la littérature sur la génotoxicité ainsi que les résultats des études récentes indiquent que le SEM est mutagène mais pas clastogène dans certains systèmes de test in vitro, notamment en l’absence d’un système de métabolisation exogène. In vivo, des résultats négatifs ont été rapportés lors d’études sur la dégradation de l’ADN du foie et du poumon chez la souris, ainsi que dans le test du micronoyau chez la souris. Étant donné le poids global des éléments probants fournis par les études réalisées, qui incluent un essai utilisant une méthodologie haute sensibilité, il est conclu que la faible génotoxicité du SEM in vitro n’est pas exprimée in vivo.

Les nouvelles données qui mettent fin aux inquiétudes sur la génotoxicité in vivo, ainsi que les probables réductions d’exposition liées au remplacement de la source de SEM actuellement la plus connue et la plus importante dans l’alimentation (joints sur les pots et les bouteilles en verre), viennent renforcer l'avis préliminaire rendu par l’EFSA en 2003. Selon cet avis, le risque éventuel associé à la consommation de denrées alimentaires contenant du SEM est jugé très faible, non seulement pour le consommateur adulte, mais également pour le nourrisson. À cet égard, le groupe scientifique a noté que le SEM est un faible carcinogène non génotoxique pour lequel on peut présumer l’existence d’un mécanisme seuil. La dose à laquelle l’homme, y compris le nourrisson, est exposé est au moins cinq fois inférieure à celle provoquant la formation de tumeurs chez les animaux de laboratoire.

En conséquence, le groupe scientifique conclut que la question de la carcinogénicité ne constitue pas un problème pour la santé humaine aux concentrations auxquelles le SEM est présent dans l’alimentation.  Additional advice on semicarbazide in particular related to baby food Ad hoc expert group meeting (0.1 Mb)

Keywords

Semicarbazide, CAS No 57-56-7, SEM, azodicarbonamide, CAS No 123-77-3 nitrofurazone, CAS No 59-87-0, gaskets, hypochlorite.