Avis du groupe scientifique sur les produits diététiques, la nutritionet les allergies (NDA) à la demande de la Commission sur la dose maximale tolérable de fer
Wulf Becker, Francesco Branca, Daniel Brasseur, Jean-Louis Bresson, Albert Flynn, Alan A. Jackson, Pagona Lagiou, Martinus Løvik, Geltrude Mingrone, Bevan Moseley, Andreu Palou, Hildegard Przyrembel, Seppo Salminen, Stephan Strobel, Henk van den Berg, and Hendrik van Loveren.
Acknowledgment
The Scientific Panel on Dietetic Products, Nutrition and Allergies wishes to thank Jan Alexander, Angelo Carere, Werner Grunow, Andrew Renwick, Klaus Schümann and Gerrit Speijers for their contributions to the draft opinion.
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Résumé
Le fer est un oligoélément ayant d'importantes fonctions métaboliques, parmi lesquelles le transport et le stockage de l'oxygène et différentes réactions d'oxydoréduction. Un apport insuffisant peut être à l'origine d'une anémie, de fausses couches, d'un mauvais développement des fonctions psychomotrices et cognitives et d'un affaiblissement de la fonction immunitaire.
Dans les cas d'empoisonnements accidentels au fer non alimentaire, notamment chez les enfants en bas âge, des lésions importantes ont été constatées sur le tube digestif, le foie, le pancréas et le circuit cardiovasculaire après absorption de très hautes doses. Une dose aiguë de 60 mg de fer/kg de poids corporel par voie orale peut être létale mais les doses orales inférieures à environ 10 à 20 mg de fer/kg de poids corporel ne présentent aucune toxicité aiguë.
Des effets indésirables sur le système gastro-intestinal (ex. : nausées, troubles épigastriques, constipation) ont été constatés après absorption de doses comprises entre 50 et 60 mg par jour de préparations de fer non héminique, notamment si elles sont prises en dehors des repas et ce, sur une courte durée.
Un excès de fer associé à des signes cliniques, dont la cirrhose du foie, a été constaté chez les patients sous supplémentation en fer longue durée et à haute dose (de 160 à 1200 mg de fer/jour). Une surcharge ferrique associée à des signes cliniques a également été décelée chez les sujets souffrant d'une forme homozygote d'hémochromatose héréditaire (un dérèglement génétique du stockage du fer), même à des niveaux normaux d'apport en fer alimentaire. Chez les Bantous, la sidérose, de même que la cirrhose et le diabète, a été attribuée à une suringestion chronique de fer hautement assimilable (de 50 à 100 mg de fer/jour) contenu dans la bière ; toutefois, ces effets indésirables peuvent être causés par une consommation chronique d'alcool, voire par un trouble génétique.
Même si une partie de la population présente des niveaux de ferritine sérique indiquant un stockage du fer élevé (supérieur à 200 ?g/l pour les femmes et 300 ?g/l pour les hommes), on ne connaît pas la valeur à laquelle un niveau élevé de ferritine sérique est associé à un risque accru d'effets indésirables (tels qu'une fibrose du foie). Le risque d'effets indésirables en raison d'une surcharge ferrique au sein de la population globale, y compris chez les personnes souffrant d'une forme hétérozygote d’hémochromatose héréditaire, est considéré comme faible.
Des études épidémiologiques ont mis en évidence un lien entre un apport et/ou un stockage élevé de fer et le risque de maladies chroniques telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète de type II et le cancer du tube digestif. Cependant, ces données sont contradictoires et ne fournissent aucune preuve tangible d'un lien causal entre l'apport et le stockage de fer et de telles maladies chroniques.
Le groupe a estimé que les données disponibles sont insuffisantes pour établir une dose maximale tolérable pour le fer.
D'après les estimations actuelles des apports dans les pays européens, le risque d'effets indésirables causés par un apport élevé en fer provenant de l'alimentation, y compris d'aliments enrichis dans certains pays mais à l’exception des compléments, est considéré comme faible pour l'ensemble de la population, excepté pour les personnes souffrant d'une forme homozygote d’hémochromatose héréditaire (jusqu'à 0,5 % de la population). Cependant, la prise de compléments ferriques chez l'homme et chez la femme ménopausée peut accroître la part de la population susceptible de présenter des signes de stockage important de fer. Certaines catégories de personnes présentant un risque de carence en fer, tels les enfants ou les femmes en période de menstruation, pourraient bénéficier d'un apport complémentaire en fer et/ou d'une consommation de fer alimentaire plus assimilable.
Opinion of the Scientific Panel on Dietetic products, nutrition and allergies [NDA] on a request from the Commission related to the tolerable Upper Intake Level of Iron

